Royaume-Uni: Theresa May démissionne et lègue le Brexit à son successeur

GOUVERNEMENT Theresa May restera dans ses fonctions jusqu’à la désignation de son successeur par les conservateurs, d’ici à la fin juillet

20 Minutes avec AFP

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La première ministre britannique Theresa May a officiellement démissionné de la tête du Parti conservateur, le 7 juin 2019 à Londres.
La première ministre britannique Theresa May a officiellement démissionné de la tête du Parti conservateur, le 7 juin 2019 à Londres. — Mark Thomas/REX/SIPA

La course à la succession est lancée. La Première ministre britannique, Theresa May, a démissionné, ce vendredi, de la tête du Parti conservateur. Son successeur, qui doit être désigné d’ici la fin du mois de juillet par les conservateurs, aura la lourde tâche de mettre en œuvre le Brexit.

Au Royaume-Uni, le poste de Premier ministre échoit de droit au chef du parti qui réunit une majorité suffisante pour gouverner au Parlement.

 

Boris Johnson, grand favori à la succession de Theresa May

Au cours des prochaines semaines, Theresa May « continuera à travailler pour les gens de ce pays. Quant au Brexit, la Première ministre a souligné que ce ne serait pas à elle de faire avancer ce processus, mais à son successeur », a relevé jeudi son porte-parole. Le prochain chef du gouvernement britannique devra donc remettre le Brexit sur les rails, soit en négociant un nouvel accord avec Bruxelles, soit en optant pour une sortie sans accord, deux scénarios qui sont d’ores et déjà au cœur de la course à sa succession​.

Parmi les onze candidats en lice, le député conservateur Boris Johnson, 54 ans, ancien maire de Londres, ancien ministre des Affaires étrangères et champion des Brexiters, fait figure de favori. Très apprécié par les militants de la base du parti, cet homme politique habile et charismatique, suscite en revanche des réactions plus contrastées du côté des députés tories, qui doivent sélectionner à partir de mercredi deux candidats qui seront ensuite départagés par les militants.

Son accord de sortie rejeté à trois reprises

Theresa May, 62 ans, avait pris la tête du gouvernement en juillet 2016, dans la foulée de ce référendum qui avait vu les Britanniques voter à 52 % en faveur de la sortie de l’Union européenne. Il lui incombait alors de détricoter plus de quarante ans de liens avec l’UE, mais aussi de rallier les Britanniques derrière une vision du Brexit susceptible de combler le fossé entre partisans et adversaires de ce divorce, le premier vécu par le club européen. Mais elle n’a pas su relever le défi.

L’accord qu’elle a conclu en novembre avec Bruxelles, censé organiser un départ en douceur du Royaume-Uni de l’UE, a en effet été rejeté à trois reprises par les députés britanniques. Pour éviter une sortie sans accord, redoutée par les milieux économiques, Theresa May avait été contrainte de reporter au 31 octobre la date de celle-ci, initialement programmée pour le 29 mars.