Les mariages d’enfants concernent aussi des millions de garçons

ENFANCE Au total, 765 millions d’enfants, filles et garçons, ont été mariés avant d’avoir atteint l’âge adulte

20 Minutes avec AFP

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Un enfant dans une ancienne Eglise évangélique au Nicaragua (Illustration).
Un enfant dans une ancienne Eglise évangélique au Nicaragua (Illustration). — INTI OCON / AFP

« Ces mariages ont volé leur enfance », dénonce dans son communiqué la directrice générale de l’Unicef, Henrietta Fore. Selon l’ONG, environ 115 millions de garçons et d’hommes dans le monde sont recensés aujourd’hui comme ayant été mariés alors qu’ils étaient enfants. Une première analyse jamais réalisée sur le sujet auprès de 82 pays.

Ce chiffre porte à 765 millions le nombre total d’enfants, filles et garçons, mariés avant d’avoir atteint l’âge adulte, précise un communiqué de l’Unicef. Sur les 115 millions de garçons et d’hommes recensés, un enfant sur cinq – soit 23 millions d’individus – a été marié avant l’âge de 15 ans, précise l’étude de l’organisation.

La Centrafrique et le Nicaragua particulièrement concernés

Le mariage de garçons est notamment constaté en Afrique subsaharienne, en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Asie du sud et de l’est, et dans le Pacifique, ajoute Henrietta Fore. « Les mariés sont obligés d’assumer des responsabilités d’adultes pour lesquelles ils peuvent ne pas être prêts. Les mariages précoces entraînent une paternité précoce et, avec elle, une pression supplémentaire pour créer une famille, réduisant ainsi les possibilités d’éducation et d’emploi », estime-t-elle.

Selon l’étude, la Centrafrique a le plus haut taux de garçons mariés (28 %) devant le Nicaragua (19 %) et Madagascar (13 %). Les filles restent les premières concernées par les mariages d’enfants, rappelle l’Unicef. Alors que plusieurs études existent sur ce mariage des filles, peu de recherches avaient été faites jusqu’à présent sur celui qui touche des garçons, note le communiqué.

« Marier des garçons et des filles pendant leur enfance va à l’encontre de la Convention sur les droits des enfants » adoptée il y a trente ans, fait valoir Henrietta Fore. En s’appuyant sur la recherche et des investissements, « nous pouvons mettre fin à cette violation », espère-t-elle.

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