Attentats du 13-Novembre: Un proche des Abdeslam et un logisticien présumé remis à la France par la Belgique

ENQUETE Au total, quatorze personnes, dont onze en détention provisoire, sont mises en examen dans l’enquête tentaculaire sur les attaques terroristes à Paris

20 Minutes avec AFP

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Un procès devrait avoir lieu à Paris en 2021.
Un procès devrait avoir lieu à Paris en 2021. — Superstock/Sipa

Deux hommes ont été remis récemment à la justice française par les autorités belges, en décembre 2018 et en mai 2019. Il s’agit d’un proche des frères Abdeslam et d’un logisticien présumé de la cellule djihadiste ayant frappé la France et la Belgique en 2015 et 2016.

Le premier, Abdellah Chouaa, 38 ans, a été transféré le 23 mai en vertu d’un mandat d’arrêt émis début avril par les juges d’instruction parisiens chargés de l’enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, ont indiqué le parquet fédéral belge et une source judiciaire française.

Fils d’un imam de Molenbeek

Selon la source judiciaire, il a été mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et pour « complicité » des crimes commis lors de ces attentats. Abdellah Chouaa, quatorzième mis en examen du dossier, a été laissé libre sous contrôle judiciaire, contre l’avis du parquet de Paris qui a fait appel, a précisé cette source.

Selon une source proche du dossier, ce personnage secondaire des investigations a pu regagner la Belgique, où il est déjà inculpé dans l’enquête locale. Ami d’enfance de Brahim Abdeslam, l’un des kamikazes de Paris, et de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie du commando du 13-Novembre, ce fils d’un imam de la commune bruxelloise réputée sensible de Molenbeek avait été interpellé dès e 23 novembre 2015. Egalement proche de Mohamed Abrini, un des suspects-clés des enquêtes belges et françaises, il avait été remis en liberté sous conditions en avril 2016.

En contact « récurrent » avec cette cellule djihadiste

Le deuxième homme, Ali El Haddad Asufi, également inculpé depuis juin 2016 et détenu en Belgique, a pour sa part été remis mardi à la France et placé en détention provisoire, selon la source judiciaire, confirmant une information du quotidien belge La Capitale. Cet homme de 34 ans avait déjà été remis brièvement le 5 décembre pour être mis en examen, notamment pour « complicités » d’assassinats et de séquestration « en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste ».

Selon le mandat d’arrêt, Ali El Haddad Asufi est soupçonné d’avoir été « de façon récurrente » en contact avec les membres de la cellule djihadiste, notamment d’avoir fréquenté des planques utilisées pour préparer ces attaques revendiquées par le groupe terroriste Daesh. Il a en particulier été en relation à plusieurs reprises avec Ibrahim El Bakraoui, qui s’est fait exploser à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem lors des attentats du 22 mars 2016 (32 morts).

Au total, quatorze personnes, dont onze en détention provisoire, sont mises en examen dans cette enquête tentaculaire, qui doit déboucher sur un procès à Paris en 2021, au mieux. Cinq autres suspects, parfois présumés morts en Syrie ou en Irak comme les frères Clain, sont visés par un mandat d’arrêt. En Belgique, les investigations sur cette cellule djihadiste et les attentats du 22-Mars devraient être closes en juin et un procès se tenir sur six mois en 2020.