Danemark: Les sociaux-démocrates, favoris des législatives, avec un programme migratoire droitisé

ELECTIONS Les sociaux-démocrates, emmenés par Mette Frederiksen, sont susceptibles de collaborer avec la droite sur les questions migratoires et la gauche sur les revendications sociales

20 Minutes avec AFP

— 

Mette Frederiksen, tête de liste des Sociaux-démocrates (SD), aux élections législatives au Danemark, 
le 1er mai 2019 à  Aalborg.
Mette Frederiksen, tête de liste des Sociaux-démocrates (SD), aux élections législatives au Danemark, le 1er mai 2019 à Aalborg. — Henning Bagger / Ritzau Scanpix / AFP

Si les sociaux-démocrates, favoris des élections législatives, doivent faire leur grand retour au Danemark, sur fond d’urgence climatique et de revendications sociales, ils ne devraient pas remettre en cause la rigueur migratoire et la « flexisécurité », pivot du modèle danois.

Les 4,2 millions d’électeurs danois sont appelés à voter, ce mercredi, lors d’un scrutin proportionnel à un tour. Les sociaux-démocrates, portés par Mette Frederiksen, sont crédités, de 27,2 % des voix, soit 10 points de plus que le parti de l’actuel Premier ministre, Lars Løkke Rasmussen, le Parti libéral, qui a gouverné le pays 14 des 18 dernières années.

« Nous voulons coopérer avec des partis de gauche et de droite »

Pour 57 % des électeurs, et un sur trois chez les 18-35 ans, le prochain gouvernement doit donner la priorité au climat, et non plus au contrôle de l’immigration. Les écologistes du Parti populaire socialiste, traditionnel soutien des sociaux-démocrates, ont le vent en poupe. Ils pourraient doubler leur score, de 4,2 à 8,3 % des votes, d’après les enquêtes d’opinion.

Les sociaux-démocrates, qui ont assuré qu’ils placeraient le climat au centre de leur action, entendent former un gouvernement minoritaire, une tradition dans le pays, ignorant les appels de l’actuel Premier ministre libéral de constituer un gouvernement entre les deux blocs. « Nous voulons coopérer avec des partis de gauche et de droite » au cas par cas, selon les dossiers, a affirmé le numéro deux du parti social-démocrate, Nicolai Wammen.

Une politique migratoire restrictive qui pourrait continuer

Ils sont susceptibles de collaborer avec la droite sur les questions migratoires et la gauche dans les autres dossiers. Le morcellement du paysage politique pourrait toutefois les contraindre à nouer des alliances plus pérennes pour assurer la stabilité de l’exécutif.

Adossés à une croissance robuste, des finances publiques saines et une situation de quasi plein-emploi, les sociaux-démocrates promettent d’arrêter les coupes budgétaires dans la santé et l’éducation. Mais cette défense de l’Etat-providence va de pair avec la poursuite d’une politique des étrangers restrictive, telle qu’elle a été dictée par le Parti populaire danois (DF), eurosceptique et anti-immigration.

Deux formations d’extrême droite en lice

Cette formation populiste de droite est incontournable dans la politique danoise depuis 2001 et a chèrement monnayé son soutien aux gouvernements libéraux dans la petite monarchie parlementaire de 5,8 millions d’habitants, dont près de 10 % sont nés à l’étranger. Deuxième parti en 2015 avec 21,1 % des suffrages, les populistes avaient hérité de la présidence du Parlement. Mais dans les sondages, ils ont dégringolé à 10,7 % des intentions de vote.

Outre le Parti populaire danois, deux formations d’extrême droite sont en lice pour les législatives et pourraient entrer au Parlement, le Folketing. Le Parlement danois compte 179 élus, parmi lesquels quatre issus des territoires autonomes du royaume scandinave : deux pour le Groenland et deux pour les îles Féroé. Pour espérer y rentrer, un parti doit rassembler au moins 2 % des votes.