Philippines: Duterte affirme que l’homosexualité est une maladie dont il se serait lui-même «soigné»

SCANDALE Le président philippin a une nouvelle fois créé la polémique en expliquant s’être «soigné» de son homosexualité avec de «belles femmes»

20 Minutes avec agences

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Rodrigo Duterte est président des Philippines depuis juin 2016.
Rodrigo Duterte est président des Philippines depuis juin 2016. — Bullit Marquez/AP/SIPA

C’est un coming out version Rodrigo Duterte. Le président philippin a suscité un nouveau scandale en laissant entendre que l’homosexualité était une maladie dont il se serait lui-même « soigné » avec l’aide de « belles femmes ».

Le septuagénaire s’est singularisé depuis son arrivée à la tête de l’archipel en 2016 par ses tirades ordurières, ses insultes, ses menaces et un langage sans filtre totalement inhabituel à ce niveau de responsabilités. Il a tenu ses propos la semaine dernière à Tokyo lors d’une rencontre avec la communauté philippine locale.

Il explique être « redevenu un homme »

Il s’en est notamment pris à l’un de ses principaux détracteurs, le sénateur Antonio Trillanes, dont il a par ailleurs affirmé qu’il était homosexuel. « Trillanes et moi sommes pareils. Mais je me suis soigné », a déclaré le président philippin, en expliquant être « redevenu un homme » après avoir rencontré son épouse, dont il est aujourd’hui séparé. « Donc les belles femmes m’ont soigné », a-t-il poursuivi.

Pendant la campagne présidentielle de 2016, il s’était dit favorable à la légalisation du mariage entre personnes du même sexe avant de faire machine arrière. Il lui est ensuite arrivé d’utiliser l’adjectif homosexuel comme insulte. Il l'avait employé au sujet de l'ambassadeur des Etats-Unis Philip Goldberg.

Les associations s’indignent

Bahaghari, une association de défense des droits des homosexuels et des transgenres, a qualifié ces propos de dangereux et rétrogrades. « C’est symptômatique d’une maladie grave : celle de l’ignorance, des préjugés et de la haine », a estimé l’organisation dans un communiqué. « Ces déclarations, et ses propos pervers et insultants pour les femmes, ne peuvent être pris à la légère ou considérés simplement comme des blagues », a-t-elle ajouté.

Lors de la campagne présidentielle, Rodrigo Duterte avait provoqué un tollé avec une blague au sujet du viol et du meurtre d’une missionnaire australienne en 1989 lors d’une émeute dans une prison de Davao. Il avait expliqué à une foule goguenarde qu’il aurait aimé être le premier sur les rangs pour violer la missionnaire.