Barack Obama avait bénéficié d'un rebond significatif la semaine dernière après la fin de la convention démocrate à Denver (Colorado, ouest) et son discours jeudi 28 août devant 84.000 personnes.
Barack Obama avait bénéficié d'un rebond significatif la semaine dernière après la fin de la convention démocrate à Denver (Colorado, ouest) et son discours jeudi 28 août devant 84.000 personnes. — Saul Loeb AFP

INTERVIEW

«Au lieu de se plaindre, Obama doit rendre les coups»

Garry South, stratège démocrate revient sur la mauvaise passe du candidat...

Entre de mauvais sondages et un vrai problème nommé Sarah Palin, la campagne d’Obama patine. Le point avec Garry South, stratège démocrate.

 

La tendance des sondages post conventions est mauvaise pour Obama. Il est au mieux à égalité, au pire derrière McCain. Comment l’expliquez-vous.

Ca serait mieux s’il avait 10 points d’avance, on est d’accord. Mais cela n’est pas inhabituel que les sondages soient serrés à cette période. John Kerry est sorti des conventions loin derrière et au final, ce fut la course contre un président sortant la plus disputée. Mais surtout, il s’agit de sondages nationaux, qui sont davantage une température du vote populaire. Al Gore l’a gagné en 2000, mais il n’est pas devenu président. Les sondages d’après le premier débat [du 26 septembre] mériteront d’être regardés de bien plus près.

 
 

Comment les démocrates doivent-il gérer Sarah Palin. Elle semble imperméable à toutes les attaques pour l’instant…

L’équipe d’Obama a très mal géré le choix Palin. D’abord, en ne l’anticipant pas comme une possibilité réelle. Ensuite, en ne sachant pas vraiment quoi dire une fois que c’est arrivé. Enfin, en n’ayant pas déployé une armée de femmes du parti démocrate dont la mission aurait été de l’attaquer et de démystifier ses accomplissements avant qu’elle ait eu le temps d’installer son image. Dans le débat des candidats à la vice-présidence, Joe Biden ferait bien de ne surtout pas tomber dans son sarcasme habituel de "Monsieur je sais tout" qui pourrait lui coûter cher face à Palin.



Même Karl Rove reconnaît que des publicités récentes de McCain contre Obama sont allées trop loin. Quelle tactique pour les démocrates?
Oui, même comparées aux standards déjà pas très hauts de Rove-Bush, les spots de McCain sont un abominable point bas. McCain s’est mis au niveau du caniveau et a perdu au passage le respect de beaucoup d’anciens qui l’admiraient pour une certaine éthique. Mais les campagnes négatives marchent souvent. Et au lieu de se plaindre, l’équipe d’Obama doit rendre les coups. Pour l’instant, ils sont petits bras, comme Dukakis en 88 ou Kerry en 2004. Il n’y a aucune excuse.