Mike Pompeo et Kim Yong-chol au sommet d'Hanoï, le 28 février 2019.
Mike Pompeo et Kim Yong-chol au sommet d'Hanoï, le 28 février 2019. — Saul LOEB / AFP

COREE DU NORD

Corée du Nord: Y a-t-il eu une purge après le sommet raté Kim-Trump ?

Un haut responsable nord-coréen, qui selon un journal du Sud avait fait les frais de l'échec de la rencontre d'Hanoï, est apparu en public au côté de Kim Jong-un

D’après la presse sud-coréenne, il était tombé en disgrâce après l’échec du sommet entre Kim Jong-un et Donald Trump à Hanoï, au mois de février. Kim Yong-chol, un haut responsable nord-coréen, a pourtant fait son apparition aux côtés du dirigeant du pays, a rapporté ce lundi la presse officielle du nord.

Haut responsable du parti unique au pouvoir, et homologue nord-coréen du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo dans les discussions sur le nucléaire, Kim Yong-chol aurait été envoyé dans un camp de travail, après le sommet, selon le journal conservateur sud-coréen Chosun Ilbo. Mais dimanche tard dans la soirée, Kim Yong-chol se trouvait parmi les principaux leaders du pays – dont Kim Jong-un, son épouse Ri Sol-ju et d’autres hauts dirigeants du parti au pouvoir et des officiers de haut rang – à l’occasion d’un événement artistique, a rapporté l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Un négociateur fusillé ?

Un autre responsable, Kim Hyok-chol, qui avait réalisé le travail préparatoire avant le sommet et voyagé jusqu’à la capitale vietnamienne à bord du train privé de Kim Jong-un, aurait lui été fusillé, toujours selon le Chosun Ilbo. Il aurait été accusé d’avoir « trahi le leader suprême » après être retourné par les Etats-Unis en amont de la rencontre.

Le quotidien a rapporté en outre que l’interprète de Kim Jong-un, Shin Hye-yong, a été envoyée dans un camp de prisonniers en raison d’une erreur lors du sommet. Elle n’aurait pas traduit la nouvelle proposition de Kim Jong-un quand Donald Trump a déclaré qu’il n’y avait « pas d’accord » et a quitté la table, selon le Chosun Ilbo, qui cite une source diplomatique.

« Exécutés » mais bien vivants

Y a-t-il eu purge ou non ? Les informations du quotidien sud-coréen ne sont pas invraisemblables, au regard des événements passés : plusieurs hauts responsables nord-coréens ont été victimes de purges depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un, dont son oncle, l’influent Jang Song-thaek, exécuté en 2013 pour trahison. Les informations sur cette purge présumée sont par ailleurs publiées alors que le Rodong Sinmun, organe officiel du parti au pouvoir en Corée du Nord, a averti jeudi que les responsables qui commettraient des actes hostiles au parti ou antirévolutionnaires seraient confrontés au « jugement sévère de la révolution ».

Il est cependant arrivé que des informations de la presse sud-coréenne sur des purges et des exécutions au Nord se révèlent fausses, comme le rappelle la BBC. En 2013, le même journal avait par exemple annoncé l’exécution de la chanteuse Hyon Song-wol « devant les membres de son orchestre ». La figure de proue du plus populaire groupe pop de Corée du Nord, Moranbong, était pourtant bien vivante l’an dernier quand elle a mené une délégation à Séoul avant les Jeux olympiques de Pyeongchang. Elle serait aujourd’hui l’une des femmes les plus puissantes de Corée du Nord.

« Nous avons vu ces informations et nous faisons de notre mieux pour les vérifier », s’est borné à commenter vendredi le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo lors d’une conférence de presse à Berlin. Le ministère sud-coréen de l’Unification, qui s’occupe des questions intercoréennes, s’est lui refusé à tout commentaire sur l’article du Chosun Ilbo.