Donald Trump a présenté son projet de réforme de l'immigration légale dans les jardins de la Maison Blanche, le 16 mai 2019.
Donald Trump a présenté son projet de réforme de l'immigration légale dans les jardins de la Maison Blanche, le 16 mai 2019. — Oliver Contreras/Sipa USA/SIPA

ETATS-UNIS

Etats-Unis: Trump et Biden s'écharpent, avec Kim Jong-un en toile de fond

Les remarques du président américain, pendant une conférence de presse avec le Premier ministre japonais, sont « indignes de sa fonction », dénonce l’équipe de Joe Biden

La bataille du QI. L’équipe du candidat démocrate à la Maison Blanche Joe Biden a dénoncé mardi des propos « indignes » de la fonction présidentielle en réponse à Donald Trump, qui a déclaré être d’accord avec le Nord-Coréen Kim Jong-un quand il traite son rival d'« individu au faible quotient intellectuel ».

Les remarques du président américain, faites au cours d’un voyage officiel au Japon et dans le cadre solennel d’une conférence de presse avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe, sont « indignes de sa fonction », a réagi l’équipe de Joe Biden. L’ancien vice-président de Barack Obama domine la course à l’investiture démocrate pour se présenter contre le républicain en novembre 2020.

Donald Trump, 72 ans, a déjà affublé Joe Biden, 76 ans, de nombreux surnoms, dont celui de « Joe-Dodo » («Sleepy Joe ») pour moquer son manque supposé d’énergie. Mais cette fois, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer le fait que Donald Trump prenne le parti du dirigeant de ce régime isolé pour insulter un ancien vice-président. D’autant plus qu’il a fait ces commentaires lors du Memorial Day, jour où l’Amérique rend hommage à ses militaires morts à la guerre.

« Cela correspond à son habitude de soutenir des autocrates »

« Se trouver dans un pays étranger, un jour de Memorial Day, et prendre à plusieurs reprises le parti d’un dictateur meurtrier contre un compatriote américain se passe de commentaires », a écrit la numéro deux de l’équipe de campagne de Joe Biden, Kate Bedingfield. « Cela correspond à son habitude de soutenir des autocrates aux dépens de nos institutions. » L’équipe Biden a attendu mardi pour réagir afin de respecter la journée d’hommage aux militaires, a précisé l’un de ses responsables.

Loin de revenir sur ses propos, Donald Trump a ensuite ironisé sur la polémique : « Je défendais en fait Joe-Dodo Biden pendant que je me trouvais dans un pays étranger. Kim Jong-un l’a appelé "idiot au faible QI" et bien d’autres choses, alors que j’ai répété la déclaration du président Kim avec un bien plus léger + individu au faible QI +. Qui peut se mettre en colère à cause de ça ? », a-t-il tweeté.

Interrogations sur le rythme lent de son début de campagne

Joe Biden n’a pas fait allusion à la polémique mardi, lors de sa première apparition publique depuis le grand meeting de son début de campagne, le 18 mai. Pendant plus d’une heure, il a parlé et répondu aux questions d’enseignants membres du grand syndicat américain AFT, à Houston au Texas. Et comme en réponse aux critiques qui se sont multipliées ce week-end sur son absence publique, il a annoncé plusieurs autres rencontres cette semaine et publié ses premières propositions détaillées, justement sur l’éducation.

Le rythme lent du début de campagne du septuagénaire suscite en effet des interrogations, d’autant que ses 22 rivaux pour l’investiture du parti démocrate multiplient les rencontres avec les électeurs, parfois – littéralement – au pas de course. Ses rares évènements publics n’ont en tout cas pas empêché Joe Biden de conforter sa large avance en tête de la course démocrate dans les sondages, avec 34,7 % selon la moyenne établie par le site RealClearPolitics, contre moitié moins pour Bernie Sanders (17,7 %), tous les autres candidats faisant moins de 10 %.

Après une déjà très longue carrière en politique, plusieurs anciens épisodes controversés menacent toutefois sa campagne, ainsi que ses habitudes très « tactiles ». Plusieurs femmes ont ainsi dénoncé ses gestes d’affection, les jugeant trop marqués. Faisant apparemment fi de ces remarques, il a pris mardi par les épaules une petite fille de 10 ans qui venait de lui poser une question avec les enseignants, après lui avoir dit, apparemment sincèrement attendri : « Je suis sûre que tu es aussi intelligente que tu es jolie ».