Algérie: Pour l'armée, la présidentielle doit avoir lieu «dans les plus brefs délais»

SCRUTIN NATIONAL Seuls deux candidats se sont présentés à cette élection présidentielle, rendant la tenue du scrutin incertaine

20 Minutes avec AFP
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Le drapeau algérien sur un arrêt de bus à Alger.
Le drapeau algérien sur un arrêt de bus à Alger. — Lahcene Habib/SIPA

L’élection présidentielle, prévue le 4 juillet en Algérie, aura-t-elle lieu ? Oui, et « dans les plus brefs délais », a affirmé ce mardi le chef d’état-major de l’armée. Ahmed Gaïd Salah, devenu l'un des nouveaux responsables du pays après la démission d’Abdellaziz Bouteflika, a réclamé ce mardi un dialogue fait de « concessions mutuelles » pour résoudre la crise dans le pays.

« La priorité aujourd’hui » est « d’aller vers un dialogue productif qui permette de sortir notre pays » de la crise et « assure ainsi la voie vers la tenue des prochaines élections dans les plus brefs délais possible, loin, des périodes de transition aux conséquences incertaines », a déclaré le général Ahmed Gaïd Salah. Devenu de facto le véritable homme fort du pays, le général Gaïd Salah défendait jusqu’ici, comme seule voie de sortie de crise, la « solution constitutionnelle » passant par la présidentielle annoncée pour le 4 juillet.

Deux candidats sans envergure

Mais seules deux personnalités sans envergure ont déposé leur candidature, rendant plus qu’incertaine la tenue du scrutin, massivement rejeté par le mouvement de contestation tant que sont en place les personnalités de l’appareil hérité des 20 ans de présidence Bouteflika. Celles-ci sont jugées incapables de garantir un scrutin libre et équitable, et les manifestants réclament la mise en place d’institutions de transition ad hoc pour réformer profondément le système politique.

« L’établissement d’un dialogue signifie la disponibilité de tous à s’entendre et s’écouter mutuellement, avec pondération, sérénité, engagement et une aspiration sincère vers la nécessité, voire l’impératif, de trouver les solutions idoines sans délai », a expliqué le chef d’état-major, dans un discours publié par le ministère de la Défense.

« Aucune ambition politique »

Il a prôné un « dialogue sérieux, rationnel, constructif et clairvoyant » et « des concessions mutuelles » grâce auxquelles « on outrepasse les divergences (…) ou du moins on réduit les écarts entre les points de vue contradictoires ». « Le peuple algérien ne veut pas oublier » la sanglante guerre civile qui a déchiré l’Algérie « au cours des années 1990 », a-t-il rappelé, appelant à « tirer les leçons des expériences précédentes et des événements passés », avant de répéter n’avoir « aucune ambition politique ».

Selon la Constitution, le président par intérim, Abdelkader Bensalah, désigné le 9 avril, a 90 jours pour organiser une présidentielle à l’issue de laquelle il doit transmettre les pouvoirs au chef de l’Etat élu. Le 20 mai, le général Gaïd Salah avait exclu que l’armée, que le rôle dans le départ d’Abdelaziz Bouteflika a replacé au centre du jeu politique, soit « partie prenante » d’un éventuel dialogue entre la contestation et les institutions de l’Etat.