Allemagne: Une kippa à découper dans «Bild» pour lutter contre l’antisémitisme

SOCIETE Le quotidien allemand appelle ses lecteurs à « construire (leur) propre kippa » pour « hisser le drapeau contre l’antisémitisme »

20 Minutes avec AFP

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Un jeune homme porte une kippa lors d'une manifestation contre l'antisémitisme à Cologne.
Un jeune homme porte une kippa lors d'une manifestation contre l'antisémitisme à Cologne. — Henning Kaiser/AP/SIPA

Bild, le quotidien le plus lu d’Allemagne, propose dans son édition de ce lundi une kippa à découper pour combattre l'antisémitisme, dans un pays en proie à une montée des attaques antijuives. Le commissaire du gouvernement allemand chargé de l’antisémitisme, Felix Klein, avait mis en garde samedi contre le port de la kippa en Allemagne.

Plusieurs voix se sont cependant élevées, en Allemagne ou en Israël, pour contester cet appel et estimer que les juifs devaient assumer leur appartenance religieuse.

Interrogé sur les déclarations de Felix Klein, le porte-parole d’Angela Merkel s’est également démarqué du commissaire chargé de l’antisémitisme. « L’État doit veiller à ce que le libre exercice de la religion par tous soit possible (…) et veiller à ce que chacun puisse se déplacer en toute sécurité avec une kippa n’importe où dans notre pays », a déclaré Steffen Seibert lors d’une conférence de presse régulière.

Le conseil central des Juifs d'Allemagne a lui déjà plus d’une fois mis en garde contre le port de cette calotte.

Bild après la TAZ et le Tagesspiegel

Bild prend parti dans ce débat en appelant ses lecteurs à être « solidaires avec (leurs) voisins juifs », à « construire (leur) propre kippa en quatre étapes simples et à hisser le drapeau contre l’antisémitisme ».

Les lecteurs peuvent découper la kippa, sur laquelle figure une étoile de David, en une du quotidien. L’an dernier, deux autres quotidiens, la TAZ et le Tagesspiegel, avaient déjà proposé à leurs lecteurs de découper un patron de kippa qu’ils avaient publié en Une.

Cette initiative avait pour but de dénoncer une attaque antisémite survenue quelques jours avant et qui avait particulièrement choqué à Berlin, quand un Israélien portant la kippa avait été frappé à coups de ceinture par un Syrien dans le quartier huppé de Prenzlauer Berg. La victime avait pu filmer une partie de la scène et l’avait postée sur Internet.

Hausse de 20 % des actes antisémites l’an passé

Les pouvoirs politiques allemands se sont ouvertement inquiétés d’un antisémitisme importé par des migrants venus de pays hostiles à Israël, comme les Syriens, Irakiens ou Afghans arrivés en masse dans le pays en 2015 et 2016.

Les dernières statistiques du ministère de l’Intérieur ont toutefois montré que les auteurs de délits à caractère antisémite étaient à une écrasante majorité (90 %) issus des milieux de l’extrême droite.

Malgré des décennies de repentance pour l’Holocauste, l’Allemagne ne fait pas exception en Europe où, à l'instar de la France, les attaques contre les juifs se sont répandues.

Les actes criminels à caractère antisémite ont augmenté de quelque 20 % en Allemagne l’an passé, selon le ministère de l’Intérieur.