Irak: Un quatrième Français condamné à mort pour appartenance à Daesh

TERRORISME Paris, favorable au jugement des djihadistes sur le lieu de leur détention, rappelle son opposition de principe à la peine de mort

20 Minutes avec AFP

— 

Des ex-membres de l'EI dans une prison irakienne, le 15 décembre 2018.
Des ex-membres de l'EI dans une prison irakienne, le 15 décembre 2018. — Alfred Photo/SIPA

La justice irakienne a condamné à mort ce lundi un quatrième Français pour appartenance au groupe djihadiste Etat islamique (EI), a constaté une journaliste de l’AFP. Il s’agit de Mustapha Merzoughi, 37 ans, condamné à mort par pendaison par le juge Ahmed Mohamed Ali au terme de sa comparution à Bagdad. Le procès d’un autre Français, Fodhil Tahar Aouidate, a lui été renvoyé au 2 juin.

Dimanche, trois autres Français ont écopé de la peine capitale pour appartenance à Daesh, un verdict inédit. Il s’agit de Kévin Gonot, Léonard Lopez et Salim Machou, arrêtés en Syrie par une alliance arabo-kurde anti-EI avant d’être transférés avec neuf autres Français en Irak en février. Selon la loi irakienne, ils ont trente jours pour faire appel.

La France contre la peine de mort

Les autorités françaises ont réagi ce lundi aux trois premières condamnations en affirmant avoir entrepris les « démarches nécessaires » auprès des autorités irakiennes pour leur rappeler leur opposition de principe à la peine de mort.

« Ces trois Français bénéficient de la protection consulaire durant leur détention », a relevé la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Agnès von der Müll, afin de « s’assurer qu’ils bénéficient de l’assistance d’un avocat et qu’ils sont en mesure d’exercer les recours prévus par le droit irakien ».

Paris a rappelé son souhait que lesdjihadistes français soient jugés sur le lieu de leur détention, une position très contestée par les familles et leurs avocats qui dénoncent une justice expéditive en Irak et réclament leur jugement en France.

« Coupable d’être parti là-bas »

« Je ne suis pas coupable des crimes et des meurtres, je suis coupable d’être parti là-bas » en Syrie, a dit Mustpaha Merzoughi devant le juge, s’exprimant en arabe avec un accent tunisien avant de demander un interprète. « Je demande pardon au peuple irakien, syrien, à la France et aux familles de victimes », a-t-il ajouté.

Agé de 37 ans, Mustapha Merzoughi a servi dans l’armée française de 2000 à 2010, notamment « en Afghanistan en 2009 », selon ses « aveux » à la justice irakienne. En France, il vivait à Toulouse (sud-ouest), d’où venaient aussi les frères Fabien et Jean-Michel Clain, qui ont revendiqué les attentats du 13 novembre 2015 (130 morts) avant d’être tués récemment en Syrie.

Passé par la Belgique puis par le Maroc, ce Français d’origine tunisienne a ensuite suivi « des formations religieuses et militaires à Alep », dans le nord de la Syrie, d’après des informations obtenues par l’AFP.

Fodil Tahar Aouidate, 32 ans, a rejoint la Syrie en 2014. Alors qu’il y combattait pour Daesh, il a été rejoint par 22 membres de sa famille, selon la justice française. Fin 2015, il était apparu dans une vidéo faisant l’apologie des attaques du 13-Novembre. Il y disait son « grand plaisir et grand bonheur de voir ces mécréants souffrir comme nous souffrons ici ». Il menaçait : « On continuera à frapper chez vous. »