Sénégal: Un homme mis en examen pour avoir appelé sur Facebook à «tuer beaucoup» de femmes

MENACE « Tous les problèmes du Sénégal viennent des femmes », a-t-il déclaré avant de présenter des excuses

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration du réseau social Facebook.
Image d'illustration du réseau social Facebook. — Justin TALLIS / AFP

Au Sénégal, un homme a été mis en examen après avoir appelé sur Facebook à « tuer beaucoup » de femmes, qu’il estime à l’origine de « tous les problèmes » du Sénégal. Ce fait divers a fait réagir une population déjà émue par les meurtres « atroces » de deux jeunes femmes.

Agé d’une trentaine d’années, l’homme a été interpellé mardi par la section de recherches de la gendarmerie à Dakar et déféré jeudi au parquet, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la gendarmerie. Il a été mis en examen pour « provocation à la commission de crime ou délit » et « menace de mort » et sera jugé en flagrant délit lundi devant le tribunal de grande instance de Dakar, a précisé à l’AFP une source judiciaire.

Une recrudescence des violences contre les femmes

D’autre part, l’auteur de la « tentative de viol suivie de meurtre » d’une jeune fille à Tambacounda, à 420 km à l’est de Dakar, le 18 mai, a été arrêté et a avoué, a annoncé le 21 mai la police dans un communiqué. La veille, le ministère chargé de la Femme et du Genre avait dénoncé une « recrudescence des violences faites aux femmes et aux filles » au Sénégal, citant le meurtre de la jeune fille à Tambacounda et celui d’une autre précédemment Thiès « toutes deux assassinées dans des conditions atroces ».

Réagissant au meurtre de Tambacounda, l’homme inculpé avait appelé mardi sur Facebook à « diminuer » le nombre « des femmes au Sénégal pour espérer éventuellement être un pays développé un jour ». Il estimait qu'« on devrait en tuer beaucoup même. Tous les problèmes du Sénégal viennent des femmes », avant de présenter ses excuses, selon des informations parues dans la presse locale. Ces faits divers sanglants ont suscité des appels au rétablissement de la peine de mort, abolie au Sénégal en 2004, de la part notamment de chefs religieux, d’un homme politique et d’un écrivain et de simples citoyens.