Everest: Quatre alpinistes ont trouvé la mort sur le «toit du monde», de plus en plus fréquenté

SOMMETS Selon un décompte officiel, 550 grimpeurs sont parvenus en haut de l’Everest depuis de début de la saison

20 Minutes avec AFP

— 

Des alpinistes à l'assaut du sommet de l'Everest, par la voie népalaise, en 2018.
Des alpinistes à l'assaut du sommet de l'Everest, par la voie népalaise, en 2018. — Phunjo LAMA / AFP

La haute saison bat son plein au sommet du monde. Une forte fréquentation qui comporte son lot d’accidents mortels : quatre alpinistes ont péri sur l’Everest, ont annoncé ce vendredi des organisateurs d’expéditions. Dans cette « zone de la mort », huit personnes sont mortes depuis le début de la saison.

Sur la montagne de 8.848 mètres de haut, des files d’attente d’alpinistes se forment à proximité du sommet. Jeudi, environ 550 grimpeurs étaient parvenus en haut de l’Everest cette année, selon des données collectées par les autorités népalaises. Deux Indiens, un Autrichien et un Népalais y ont succombé au cours des dernières 48 heures.

Un alpiniste épuisé

L’Indienne Kalpana Das, 52 ans, a atteint jeudi après-midi la cime mais elle est décédée tandis qu’elle descendait. Son compatriote Nihal Bagwan, 27 ans, a aussi trouvé la mort sur le chemin du retour. « Il était coincé dans l’embouteillage pendant plus de douze heures et était épuisé. Des guides sherpas l’ont ramené au camp 4 mais il a rendu son dernier souffle là-bas », a relaté Keshav Paudel de l’agence Peak Promotion.

De l’autre côté de la montagne, un alpiniste autrichien de 65 est mort jeudi sur la voie tibétaine, moins fréquentée que la népalaise, a annoncé son organisateur d’expédition. Un guide népalais de 33 ans a lui succombé au camp de base, après être tombé malade au camp 3 à 7.158 mètres d’altitude. Des photos impressionnantes montraient ces derniers jours une longue queue d’alpinistes emmitouflés piétinant sur l’arête située entre la cime et le col Sud, où se trouve l’ultime campement du versant népalais. Des embouteillages qui peuvent être dangereux.

Peu d’opportunités pour atteindre le sommet

La haute saison de l’Everest dure de fin avril à fin mai. À cette période, la météo offre une courte fenêtre de conditions moins extrêmes dans ces hauteurs glacées et impropres à la vie. Selon les experts, l’encombrement d’alpinistes est dû aussi bien à la multiplication de permis qu’au nombre réduit de fenêtres météo favorables pour monter au sommet cette année. Toutes les expéditions lancent donc l’assaut final les mêmes jours.

« Avec si peu d’opportunités (météo) et tant de permis (…) il est impossible de faire passer tant de gens à travers les goulots d’étranglement notoires des deux côtés », a estimé Alan Arnette, un blogueur spécialisé. À cette altitude extrême, l’oxygène se fait plus rare et les sportifs doivent généralement recourir à des bouteilles d’oxygène pour parvenir au bout de leur ascension. Une altitude supérieure à 8.000 mètres au-dessus du niveau de la mer est considérée comme la « zone de la mort ».

Cinq personnes avaient perdu la vie l’année dernière sur l’Everest. En 2015, 18 alpinistes avaient péri au camp de base dans une avalanche déclenchée par un séisme. La libéralisation de l’ascension par les autorités népalaises dans les années 1990 a encouragé le développement d’expéditions commerciales et multiplié les alpinistes sur les parois.