Espagne: En détention provisoire, quatre députés indépendantistes catalans ont été suspendus

INDEPENDANCE Ces élus, placés en détention provisoire, étaient sortis brièvement de prison mardi pour prêter serment d’allégeance à la constitution, sous les applaudissements de leurs partisans

20 Minutes avec AFP

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Trois députés catalans concernés par cette suspension : Josep Rull, Jordi Turull et Jordi Sanchez, le 21 mai 2019.
Trois députés catalans concernés par cette suspension : Josep Rull, Jordi Turull et Jordi Sanchez, le 21 mai 2019. — Sergio Perez/AP/SIPA

Ca secoue au Parlement espagnol. Les quatre députés indépendantistes catalans élus en avril depuis leur prison sont suspendus, a indiqué la porte-parole de la chambre basse espagnole. Ils doivent être jugés pour la tentative de sécession de la Catalogne menée en 2017.

« Le bureau de la chambre des députés déclare automatiquement suspendus de l’exercice de leur mandat » Oriol Junqueras, Jordi Turull, Josep Rull et Jordi Sanchez, a annoncé la présidente socialiste de la chambre, Meritxell Batet, après avoir consulté les juristes de l’institution. Elle a précisé ensuite leur avoir demandé un nouveau rapport sur le seuil de majorité.

Des conséquences pour Pedro Sanchez

Car cette suspension pourrait avoir de lourdes conséquences politiques pour le chef du gouvernement socialiste sortant Pedro Sanchez, vainqueur des élections de fin avril mais sans majorité absolue. Si le nombre de députés en fonction est réduit et le seuil de majorité absolue abaissé suite à cette suspension, la reconduction au pouvoir de Pedro Sanchez lors d’un vote d’investiture prévu a priori début juillet serait facilité car il n’aurait pas besoin de l’appui ou de l’abstention des séparatistes catalans.

En revanche si les députés suspendus peuvent céder leur siège à leur suppléant, Pedro Sanchez aura de nouveau besoin de leur concours pour être investi. Les quatre députés sont accusés de rébellion pour avoir organisé un référendum d’autodétermination en dépit de son interdiction par la justice, avant l’éphémère déclaration d’indépendance d’une des régions les plus riches d’Espagne en octobre 2017. Oriol Junqueras, Jordi Turull et Josep Rull sont de plus accusés d’avoir utilisé des fonds publics pour le faire.

Un jugement rendu à l’automne

Ces élus en détention provisoire, une première en Espagne, étaient sortis brièvement de prison mardi pour prêter serment d’allégeance à la constitution, sous les applaudissements de leurs partisans. Leurs voix avaient été rendues inaudibles par le vacarme des députés du parti d’extrême droite Vox tapant sur leur pupitre dans une séance très agitée. Leur procès s’est ouvert devant la Cour suprême en février, la sentence de la cour est attendue à l’automne.

Un an et demi après la tentative de sécession, la pire crise politique qu’ait vécu l’Espagne en quarante ans de démocratie, le dossier catalan continue à dominer l’agenda. Les partis de droite et Vox accusent Pedro Sanchez et ses alliés de gauche de préparer des concessions aux indépendantistes en échange de leurs voix. Le chef du gouvernement dit vouloir seulement maintenir le dialogue avec les séparatistes dans l’espoir de désamorcer la crise catalane.