Le futur de Huawei pourrait être lié à un accord commercial avec Pékin, selon Trump

NEGOCIATIONS Placé sur une liste noire par les Etats-Unis, le géant chinois des télécoms a été abandonné par de nombreux partenaires

P.B. avec AFP

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Une publicité pour le Huawei P30 en Chine.
Une publicité pour le Huawei P30 en Chine. — Andy Wong/AP/SIPA

Il dévoile sa main. Après avoir mis Huawei en position critique en le plaçant sur une liste noire – le coupant ainsi de ses partenaires et fournisseurs – Donald Trump a offert une porte de sortie, jeudi : que Pékin signe un accord commercial avec les Etats-Unis.

Selon Donald Trump, le numéro deux mondial des smartphones, qui est également un des leaders des équipements des futurs réseaux 5G, est « très dangereux. Quand vous regardez ce qu’ils ont fait d’un point de vue de la sécurité, d’un point de vue militaire. Très dangereux. Mais il est possible que Huawei soit inclus dans un accord commercial. Si on a un accord, je vois bien Huawei inclus d’une manière ou d’une autre », a dit le président américain au cours d’une conférence de presse très décousue.

Un risque sur la 5G, pas sur les smartphones

Accusé de menacer la sécurité des Etats-Unis, Huawei a été placé sur une liste de sociétés suspectes auxquelles il est interdit de vendre des équipements technologiques de crainte que Pékin ne s’en serve à des fins d’espionnage. Du coup, le fabricant a été lâché par de nombreux partenaires, notamment par Google, qui lui a retiré sa licence Android. Surtout, même si Huawei fabrique ses propres puces, il licencie pour cela, comme Apple, l’architecture de la société britannique ARM, filiale du Japonais Soft Bank. ARM a indiqué cette semaine qu’il était concerné par la directive des Etats-Unis, car il utilise des technologies « d’origine américaine ».

Mais le risque, pour les Etats-Unis, ne se situe pas du côté des smartphones vendus au grand public. Si Huawei fait peur, c’est parce que c’est un leader, avec Nokia et Ericsson, des équipements télécoms 5G, qui constituent la colonne vertébrale d’un réseau. Même si Huawei a proposé de signer des accords rejetant l’espionnage, un rapport britannique a conclu qu’il était presque impossible de garantir que la technologie chinoise était sécurisée.

« Huawei ne dit pas la vérité »

« Le PDG de Huawei ne dit pas la vérité au peuple américain ni au monde » quand il affirme qu’il n’a pas de lien avec le gouvernement, a accusé le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, citant la législation chinoise qui, selon lui, force les entreprises du pays à collaborer avec les autorités.

Au même moment, des élus américains des deux bords – un événement rare – ont proposé un texte de loi pour protéger le futur réseau 5G américain du fabricant chinois. Cette loi doit empêcher « les entreprises qui reçoivent des instructions d’un adversaire étranger d’infiltrer notre réseau national de communications », a déclaré Mark Warner, un sénateur démocrate.