VIDEO. Etats-Unis: Julian Assange inculpé pour avoir violé «l'espionnage act», gros combat judiciaire en vue

JUSTICE Le premier amendement protège les journalistes, mais le rôle du cofondateur de WikiLeaks fait débat

P.B.

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Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a été arrêté à Londres le 11 avril 2019 après sept ans passés réfugié dans l'ambassade d'Equateur.
Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a été arrêté à Londres le 11 avril 2019 après sept ans passés réfugié dans l'ambassade d'Equateur. — Rob Pinney/LNP/REX/Shutterstock/SIPA

Les Etats-Unis passent aux choses sérieuses. Après avoir inculpé Julian Assange pour une simple tentative de piratage, le mois dernier, la justice américaine a annoncé 17 nouvelles charges, jeudi. Et elles sont beaucoup plus graves : le cofondateur de WikiLeaks est accusé d’avoir violé « l’espionnage act » en diffusant les secrets militaires volés par l'ex-analyste Chelsea Manning en 2010.

Julian Assange est soupçonné d'avoir «aidé» et «incité» le soldat Manning «à obtenir des informations confidentielles en sachant qu'elles pouvaient être utilisées au détriment des Etats-Unis et à l'avantage d'une nation étrangère», a déclaré le ministère de la Justice, en révélant 17 nouveaux chefs d'inculpation.

«C'est de la folie», a instantanément réagi l'organisation Wikileaks sur Twitter. «C'est la fin du journalisme sur les sujets de sécurité nationale et la fin du premier amendement» de la Constitution américaine qui garantit la liberté d'expression, a-t-elle ajouté.

La liberté de la presse en question

S’il était extradé par le Royaume-Uni pour être jugé aux Etats-Unis – ce qui est loin d’être garanti – Julian Assange se retrouverait au cœur d’un procès sans précédent. Le premier amendement de la Constitution garantit la liberté de la presse et protège, selon la jurisprudence, les médias qui publient des secrets gouvernementaux. En général, ce sont les lanceurs d’alerte qui sont poursuivis, pas les journaux.

Comme le souligne le New York Times, même si WikiLeaks n’est pas un organe de presse traditionnel, son fonctionnement (publier des secrets et protéger ses sources) s’en rapproche légalement. En affirmant qu'Assange a «aidé» et «incité» Manning, notamment en offrant son aide pour décrypter un mode de passe, la justice américaine présente le cofondateur de WikiLeaks comme un complice. Mais l'organisation de défense des droits civiques ACLU estime qu'en cas de condamndation, le gouvernement américain pourrait se servir du verdict pour poursuivre des journalistes.