Centrafrique: Une religieuse franco-espagnole de 77 ans assassinée

MEURTRE Le drame, survenu dans la nuit de dimanche à lundi, n’a pas été encore été revendiqué

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration: Deux soldats membres de la Seleka en Centrafrique en 2015.
Image d'illustration: Deux soldats membres de la Seleka en Centrafrique en 2015. — PACOME PABANDJI / AFP

Une religieuse franco-espagnole âgée de 77 ans a été retrouvée assassinée lundi dans un village où elle enseignait la couture à des jeunes filles dans l’ouest de la Centrafrique, selon le portail officiel du Vatican.  Le pape François a évoqué mercredi sur la place Saint-Pierre un assassinat « barbare ».

« Je veux rappeler la mémoire d’Inès Nieves Sancho, 77 ans, éducatrice des filles pauvres depuis des dizaines d’années, tuée de manière barbare en Centrafrique précisément dans le local où elle enseignait la couture à des jeunes filles, une femme qui, en plus, a donné sa vie pour Jésus au service des pauvres », a déclaré le pape François durant son audience, en appelant la foule à prier en silence pour elle.

Aucune revendication

« Dans la nuit de dimanche à lundi, ses agresseurs se sont introduits dans sa chambre et l’ont conduite au centre qu’elle animait pour les jeunes filles, où ils l’ont décapitée », écrit Vatican News. « Aucune revendication n’a été exprimée, mais selon un député local, ce meurtre pourrait être lié au trafic d’organes humains, et aux crimes rituels nombreux dans la région », ajoute le site. Le porte-parole du diocèse de Burgos, d’où était originaire la religieuse, a pour sa part rapporté la version d’un évêque, lui aussi est originaire de Burgos et installé en Centrafrique, indiquant qu’elle aurait été « égorgée ».

« Il m’a dit qu’elle avait plutôt été égorgée : ils lui ont tranché le cou jusqu’à la tuer, mais ils ne lui ont pas coupé entièrement la tête », a-t-il déclaré à l’AFP. L’évêque a ajouté « qu’il ne connaissait pas les raisons de l’assassinat, que personne ne s’était attribué la responsabilité du crime, aucun groupe terroriste », a souligné ce porte-parole. Selon lui, la religieuse avait également la nationalité française.

Une messe célébrée à Albi

« Des inconnus sont entrés par le portail de derrière et l’ont entraînée dans la brousse derrière la maison pour l’égorger. Ils n’ont rien emporté du tout, on dirait qu’ils sont juste venus pour la tuer », a indiqué pour sa part à l’AFP l’abbé Isaie Koffia, vicaire général du diocèse de Berberati, dont dépend le village de Nola où était installée la sœur.

Selon lui, l’assassinat a eu lieu dimanche en fin d’après-midi. Les funérailles d’Inès Nieves Sancho ont été célébrées mardi par l’évêque de Berberati, selon le porte-parole du diocèse de Burgos. La religieuse appartenait à la petite congrégation des Filles de Jésus, dont la maison mère est à Massac-Séran, dans le Tarn (sud-ouest de la France). « Une messe y sera célébrée dans l’intimité », a indiqué le diocèse d’Albi.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a exprimé mardi soir dans un tweet ses « condoléances et (son) affection pour la famille d’Inès », mentionnant également Fernando, un autre missionnaire assassiné récemment au Burkina Faso.