Nike: Un peuple indien du Panama accuse la marque de leur avoir volé un dessin traditionnel

APPROPRIATION Le dessin, présenté comme un hommage à Puerto Rico, provient en fait d’un art du textile propre au peuple Kuna

20 Minutes avec agences

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Le logo Nike (illustration).
Le logo Nike (illustration). — GETTY IMAGES / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Des Indiens Kuna, originaires du Panama, ont accusé ce mardi Nike d’avoir « copié » illégalement des dessins traditionnels de leur peuple. Le design d’une paire de baskets s’inspirerait des « molas », un art du textile richement décoré venant de la culture Kuna.

Les Indiens ont accusé le géant américain de « violation de la propriété intellectuelle ». Ils ont exigé que la vente des chaussures, qui devaient être mises en vente le 6 juin à 100 dollars la paire, soit suspendue.

La mise en vente annulée

Selon le site spécialisé Sneakers News, le dessin se voulait être un hommage à Porto Rico et représentait la grenouille Coqui, emblématique de l’île caribéenne. Mais Nike doit « reconnaître que le 'mola' qui apparaît sur les baskets vient du peuple Kuna », a déclaré le cacique Belisario Lopez.

« Nous nous excusons pour la représentation inexacte de l’origine de la conception du Nike Air Force 1 » Puerto Rico « 2019 », a déclaré un porte-parole de la marque. « En conséquence, ce produit ne sera pas disponible » à la vente.

« Rien n’est fait »

Selon le cacique Kuna, cette affaire n’est pas un cas isolé. « Des milliers de dessins et de savoir-faire traditionnels des peuples autochtones sont piratés par les multinationales », a-t-il déclaré en conférence de presse.

« Pour les Kuna, le mola est comme un drapeau. C’est un élément fort de l’identité », explique Monica Martinez, professeure d’anthropologie sociale à l’université de Barcelone, qui étudie ce peuple depuis une vingtaine d’années. « Il y a des débats au sein de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et les peuples autochtones exigent que des mesures soient prises. Mais rien n’est fait », déplore-t-elle.