Autriche: Le chancelier Sebastian Kurz confronté lundi à une motion de censure

CRISE Après la révélation d’une vidéo compromettante pour le leader nationaliste Heinz-Christian Strache, la crise politique menace désormais le chancelier Sebastian Kurz

20 Minutes avec AFP

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Le chancelier autrichien Sebastian Kurz à Bruxelles le 6 juin 2018
Le chancelier autrichien Sebastian Kurz à Bruxelles le 6 juin 2018 — Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Le chancelier autrichien sur le départ ? Le vote d’une motion de censure contre Sebastian Kurz, affaibli par le départ de ses anciens partenaires d’extrême droite (FPÖ) à la suite de «l’Ibiza-gate»​, a été fixé au lundi 27 mai par le président du Parlement autrichien, Wolfgang Sobotka.

Wolfgang Sobotka, qui appartient comme Sebastian Kurz au parti conservateur ÖVP, a précisé qu’il jugeait préférable « pour une discussion calme et factuelle » que cette motion soit examinée après le scrutin européen de dimanche.

Des législatives anticipées prévues en septembre

Depuis la chute samedi de la coalition droite – extrême droite, emportée par une vidéo compromettante pour le leader nationaliste Heinz-Christian Strache, la crise politique s’amplifie en Autriche et menace désormais le chancelier Sebastian Kurz. La motion de censure a été déposée par le petit parti écologiste Jetzt mais les sociaux-démocrates et le parti d’extrême droite FPÖ n’ont pas exclu de la soutenir.

Cette coalition permettrait de constituer une majorité pour faire tomber le chef du gouvernement avant les législatives anticipées prévues en septembre. Ces législatives ont été convoquées par le chancelier après la diffusion d’extraits d’une vidéo où le chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache, était filmé en caméra cachée en train de marchander des contrats publics autrichiens avec la pseudo-nièce d’un oligarque russe à Ibiza (Espagne) en 2017.

L’opposition réclame la démission du chancelier Sebastian Kurz

Ce scandale qui bouleverse la scène politique autrichienne, à quelques jours des élections européennes, a entraîné en quelques jours la démission de Heinz-Christian Strache de tous ses mandats, dont celui de vice-chancelier, puis le départ de tous les autres ministres FPÖ du gouvernement.

Mais plusieurs responsables de l’opposition estiment que le chancelier Sebastian Kurz, chef du parti conservateur ÖVP, doit également remettre son mandat avant les législatives anticipées de septembre. « Nous voulons que l’ensemble du gouvernement de transition soit composé d’experts, car nous estimons que seule cette solution peut apporter confiance et stabilité dans cette phase difficile », ont indiqué mardi les sociaux-démocrates du SPÖ.