Lait contaminé en Chine: le bilan s'alourdit

SCANDALE Deux bébés sont morts, et le nombre d'enfants intoxiqués a triplé. Des grossistes avaient ajouté un composant chimique pour accroître le taux de protéine du lait...

Avec agence

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Le ministère de la Santé annonce ce lundi que 1.253 nourrissons, et non pas 432 comme l’évoquait un premier bilan, ont été intoxiqués par du lait contaminé par un produit chimique. Deux d’entre eux sont décédés, et 340 autres ont été hospitalisés, dont 53 dans un «état grave».

«Jusqu'à 10.000 enfants ont pu consommer le lait en poudre Sanlu», a ajouté le ministère, laissant entrevoir un drame sanitaire encore plus grave.


Calculs rénaux

Le 12 septembre, le ministre Gao Qiang annonçait à la presse des «cas de présence de calculs rénaux dans le système urinaire de nouveaux-nés». Selon lui, les autorités ont ordonné au groupe Sanlu, fabricant du lait en poudre contaminé, de stopper la production.


Ce scandale du lait contaminé avait été révélé vendredi avec l'ouverture par les autorités sanitaires d'une enquête à la suite du décès jeudi d'un bébé et de la découverte de dizaines de cas de nouveaux-nés souffrant de problèmes rénaux dans la province de Gansu (nord).

Du plastique pour accroître le taux de protéine


L'enquête a confirmé que le lait contaminé par de la mélamine, utilisée normalement dans la fabrication de plastique et de colles. Selon le ministère de la Santé, des fermiers et des grossistes en lait ont utilisé cette substance chimique pour artificiellement accroître le taux de protéïnes dans le lait.

Quelque 78 «suspects» dont des producteurs et grossistes ont été entendus par la police, à Shijiazhuang, une ville proche de Pékin où Sanlu a son siège, selon l'agence Chine Nouvelle. A Pékin, le ministre de la Santé promet de sanctionner les responsables du scandale.
Précédents
La mélamine avait déjà été au centre ces dernières années d'un scandale d'aliments pour animaux domestiques, produits en Chine et exportés aux Etats-Unis. D'autres problèmes récents de sécurité alimentaire ont concerné la présence d'antigel dans du dentifrice et des raviolis aux pesticides, exportés au Japon et ayant rendu malade une dizaine de personnes dans l'archipel début 2008.