Australie: Contre toute attente, la droite conserve le pouvoir après les législatives

SURPRISE Donné largement favoris depuis des mois, les travaillistes de Bill Shorten ont été défaits par la coalition libérale-conservatrice de Scott Morisson, le Premier ministre sortant

R.G.-V. avec AFP

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Le Premier ministre australien, Scott Morisson, et sa famille, après son discours de victoire, samedi soir.
Le Premier ministre australien, Scott Morisson, et sa famille, après son discours de victoire, samedi soir. — Rick Rycroft/AP/SIPA

La presse australienne relatait dimanche le « miracle » réalisé par les conservateurs qui ont déjoué tous les pronostics pour sortir en tête des élections, mais de nombreuses questions se posent sur ce que sera la politique du Premier ministre sortant Scott Morrison. La coalition formée par le Parti libéral et le Parti national a, en effet, créé la surprise samedi en remportant des élections qui semblaient promises à l’opposition travailliste, après six années de gouvernement du centre-droit.

On ignore cependant toujours si la coalition aura la majorité absolue, ou si elle devra aller courtiser des élus indépendants. Les dernières projections de la Commission électorale australienne, dimanche, indiquaient qu’il manquait cinq sièges à la coalition pour atteindre la barre des 76 nécessaires pour avoir la majorité absolue à la Chambre des représentants. Les projections de la chaîne ABC donnent la coalition libérale-nationale à 74 sièges, alors que cinq circonscriptions n’ont pas rendu leur verdict.

Conjoncture économique difficile

La tâche de Scott Morrison pourrait donc s’avérer compliquée s’il devait demander le soutien des indépendants. Sachant qu’il marchera aussi sur des œufs dans son propre camp puisqu’il ne pourra se permettre aucune défection dans la coalition. Le Premier ministre, qui avait succédé l’été dernier à Malcolm Turnbull à l’issue d’un « putsch » interne à leur Parti libéral, va au-devant de nombreuses difficultés en demeurant au pouvoir.

Les perspectives économiques pour l’Australie s’assombrissent, et Scott Morrison devra trouver le moyen de financer un budget fondé sur des prévisions de croissance dépassées. On ignore en outre ce que sera la politique du Premier ministre car il a finalement fait peu de promesses lors de sa campagne, à part celle de baisses d’impôts. Donné perdant du scrutin par les instituts de sondage, il a passé la campagne, non pas à expliquer son projet, mais à dénoncer celui de son concurrent travailliste Bill Shorten.

Faillite des sondages

Dimanche, les différents courants de la coalition au pouvoir s’écharpaient sur l’interprétation du vote. Certains réclamaient un assouplissement des textes encadrant l’exploration des ressources fossiles quand d’autres la pressaient de repenser son climatoscepticisme.

« Je dois vous dire que le réchauffement climatique est bien réel et que nous le considérons très sérieusement », a déclaré l’adjoint de Scott Morrison, le ministre des Finances Josh Frydenberg. A Sydney, l’ancien Premier ministre Tony Abbott – qui par le passé s’est illustré en qualifiant le réchauffement climatique de « connerie absolue » – a perdu le siège qu’il occupait depuis un quart de siècle.

Les yeux se tournaient aussi dimanche en direction des instituts de sondage, qui vont devoir rendre des comptes tant ils ont été incapables de voir venir cette déroute du centre-gauche.