Niger: 28 soldats tués dans une nouvelle embuscade à la frontière malienne

ATTAQUE Un « groupe terroriste composé de centaines d’hommes lourdement armés » aurait tendu une embuscade à une patrouille militaire du Niger

20 Minutes avec agences

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28 militaires nigériens ont été tués dans une attaque menée par des « terroristes lourdement armés » selon le ministère nigérien de la Défense.
28 militaires nigériens ont été tués dans une attaque menée par des « terroristes lourdement armés » selon le ministère nigérien de la Défense. — Issouf Sanogo AFP

Vingt-huit soldats nigériens ont été tués ce mardi près de la frontière malienne dans la région de Tillabéri (ouest du Niger), près du village de Tongo Tongo où quatre soldats américains et cinq militaires nigériens étaient déjà tombés dans une embuscade en 2017.

« Une colonne militaire de Forces armées nigériennes (FAN) en mouvement a été prise à partie par des terroristes lourdement armés dans une attaque complexe à base d’engins explosifs improvisés », a indiqué le ministère nigérien de la Défense dans un communiqué qui faisait état de 17 tués, 6 blessés et 11 portés disparus.

Les assaillants auraient fui vers le Mali

« Nous avons la confirmation que les corps sans vie des onze soldats portés disparus ont été retrouvés, ce qui porte le bilan à 28 morts », a depuis affirmé une source sécuritaire à l’AFP. Le gouvernement a décrété un deuil national de trois jours à compter de ce jeudi.

« Des renforts ont été déployés dans le secteur pour poursuivre et neutraliser les assaillants qui se sont exfiltrés vers le Nord (frontière malienne, ndlr). Des opérations de ratissage se poursuivent dans la zone avec l’appui des partenaires », conclut le communiqué de la Défense. La France, très active dans la région dans le cadre de l’opération anti-jihadiste Barkhane, a indiqué ne pas « avoir été associée » aux opérations.

Des centaines d’hommes lourdement armés

Auparavant, une source sécuritaire avait indiqué que « l’embuscade » était l’œuvre d’un « groupe terroriste composé de centaines d’hommes lourdement armés venus du Nord ». « Un véhicule (des militaires nigériens) a d’abord sauté sur un engin explosif, et puis une fusillade s’est déclenchée », selon une autre source sécuritaire.

« La patrouille traquait les terroristes qui ont attaqué lundi la prison de haute sécurité de Koutoukalé », à 50 km au nord de Niamey, et ont tué un soldat nigérien, selon cette même source. Cet établissement pénitentiaire est le mieux gardé du Niger et abrite de nombreux jihadistes.

L’attaque de 2017 revendiquée par l’Etat islamique

Le 4 octobre 2017, quatre soldats américains et cinq militaires nigériens avaient été tués par des djihadistes venus à bord d’une dizaine de véhicules et d’une vingtaine de motos à hauteur de ce même village de Tongo Tongo, situé à une centaine de kilomètres de Niamey. L’attaque avait été revendiquée par l'« Etat islamique dans le Grand Sahara » (EIGS).

Depuis 2018, l’ONU s’inquiète de la persistance de l’insécurité dans la région de Tillabéri, théâtre de nombreuses incursions de groupes djihadistes et de violences intercommunautaires. L’armée nigérienne s’est déployée massivement fin 2018 dans la région pour chasser les combattants islamistes venus du Mali et du Burkina Faso.