Malaisie: Une adolescente se suicide après un sondage sur Instagram

RESAUX SOCIAUX Le ministre de la Jeunesse et des Sports s’est dit inquiet pour la santé mentale des jeunes en Malaisie

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration du logo Instagram.
Image d'illustration du logo Instagram. — Yichuan Cao/Sipa USA/SIPA

Une adolescente malaisienne s’est suicidée après avoir publié un sondage sur le réseau social Instagram. Elle a demandé à ses followers si elle devait vivre ou mettre fin à ses jours, et ses abonnés ont majoritairement voté pour sa mort.

La jeune fille, âgée de 16 ans et habitant à Kuching dans l’Etat malaisien de Sarawak, est « subitement » morte après avoir posté ce sondage sur le réseau social lundi, a déclaré la police citée par les médias locaux. « Très important, aidez-moi à choisir entre D/L », a-t-elle écrit sur son compte selon le site Internet d’informations Astro Awani, les lettres « D » se référant apparemment à la mort (death en anglais) et « L » à la vie (life).

Une enquête ouverte

69 % des internautes qui ont voté pour la mort et 31 % pour la vie, selon la police. Ce suicide a déclenché de multiples réactions en Malaisie. Le député Ramkarpal Singh a appelé à l’ouverture d’une enquête « pour éviter d’autres abus sur les réseaux sociaux dans de semblables circonstances à l’avenir ».

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Syed Saddiq, s’est dit inquiet pour la santé mentale des jeunes en Malaisie. « C’est un problème national qui doit être traité sérieusement », a-t-il déclaré. Ching Yee Wong, la responsable de la communication d’Instagram pour l’Asie Pacifique a transmis ses condoléances à la famille.

Interdiction des photos de blessures auto infligées

Elle a reconnu que le réseau social détenu par le groupe Facebook avait « l’importante responsabilité de s’assurer que les gens qui utilisent Instagram se sentent en sécurité et soutenus ». Et elle a appelé ceux qui y recourent « à utiliser les outils de signalement et à contacter les services d’urgence s’ils voient que la sécurité de quelqu’un est en danger ».

Cette affaire rappelle la polémique suscitée par la mort de Molly Russell, une adolescente britannique qui s’était suicidée en 2017 à l’âge de 14 ans après avoir visionné des contenus liés à l’automutilation et au suicide sur Instagram. En février, Instagram, qui interdisait déjà toute publication encourageant ou promouvant suicide ou automutilation, a décidé d’interdire les photos montrant des blessures infligées à soi-même.