Troisième procès du Roundup: Une amende record de 2 milliards de dollars contre Monsanto

ETATS-UNIS Détenu par Bayer, Monsanto était attaqué par un couple d'Américains atteints d'un cancer attribué à son désherbant au glyphosate

20 Minutes avec AFP

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Le Roundup, le célèbre désherbant à base de glyphosate de Monsanto, est un casse-tête pour son nouveau propriétaire, Bayer.
Le Roundup, le célèbre désherbant à base de glyphosate de Monsanto, est un casse-tête pour son nouveau propriétaire, Bayer. — ALLILI MOURAD/SIPA

C’est de très loin la plus lourde amende infligée dans un procès du Roundup. Monsanto, détenu par l’allemand Bayer, a été condamné lundi aux Etats-Unis à verser plus de 2 milliards de dollars à un couple atteint d’un cancer attribué à son désherbant au glyphosate, troisième revers judiciaire pour le groupe, qui va faire appel.

Un jury d’Oakland, près de San Francisco, a accordé « deux milliards de dollars » aux époux Pilliod, tous deux atteints d’un lymphome non hodgkinien, au titre de dommages « punitifs » destinés à sanctionner le fabricant du désherbant, ont annoncé les avocats du couple.

Ce procès s’était ouvert fin mars, juste après la condamnation – pour les mêmes raisons – de Monsanto à verser 80 millions de dollars à un septuagénaire atteint d’un lymphome non hodgkinien qu’il attribuait au Roundup. En août 2018, Monsanto avait été condamné à verser 289 millions de dollars à un jardinier atteint lui aussi de ce même type de cancer, une somme réduite ensuite à 78 millions par une juge.

Le glyphosate sans danger, selon Bayer

Bayer, qui s’est dit « déçu » du verdict et compte faire appel, affirme toujours que le Roundup et son principe actif controversé, le glyphosate, sont sans danger. Le Roundup, très lucratif, est vendu dans le monde entier depuis une quarantaine d’années.

« Le jury a estimé que l’exposition au Roundup a causé le (cancer) des Pilliod et que Monsanto avait failli (à l’obligation de) prévenir de ce grave danger pour la santé. Surtout, le jury a également reconnu que Monsanto avait agi avec malveillance, oppression ou fraude et devait être puni pour son comportement », a souligné dans un communiqué la firme Baum, Hedlund, Aristei & Goldman, un des cabinets qui défendaient le couple.

Plus de 13.000 procédures en cours

Dans un communiqué lundi, Bayer a rappelé que l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) avait réaffirmé fin avril que le glyphosate n’était « probablement pas cancérigène pour les humains ». L’EPA avait toutefois recommandé un nouvel étiquetage pour réduire les risques écologiques, en particulier pour les papillons.

L’horizon s’assombrit donc encore pour le groupe allemand, pour lequel Monsanto, racheté pour 63 milliards d’euros, s’apparente de plus en plus à un boulet au pied : plus de 13.000 procédures contre le Roundup sont en cours aux Etats-Unis, ce qui pourrait pousser la firme à signer un accord amiable pour éviter tous ces procès.

Hasard du calendrier, ce jugement record intervient alors que Bayer est aux prises avec une polémique en France autour d’un fichage – par une agence de communication employée par Monsanto – de centaines de personnalités concernant leur position sur les OGM, le glyphosate ou leur propension à être influencés, des révélations qui ont conduit à l’ouverture d’une enquête. Dimanche, Bayer, qui a finalisé le rachat de Monsanto l’an dernier, a présenté ses excuses sur ce sujet.