Wikileaks: Chelsea Manning ne coopérera pas à l'enquête sur Julian Assange

JUSTICE L’ancienne analyste militaire avait été emprisonnée en mars dernier pour avoir déjà refusé de témoigner devant un grand jury constitué pour enquêter sur le fondateur de Wikileaks

20 Minutes avec agences

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Chelsea Manning s'adresse aux médias à Washington, le 5 mars 2019.
Chelsea Manning s'adresse aux médias à Washington, le 5 mars 2019. — M. Barakat/AP/SIPA

Libérée jeudi dernier, Chelsea Manning pourrait déjà retourner en prison. L’ancienne analyste militaire américaine a déclaré ce dimanche qu’elle n’était toujours pas disposée à répondre aux questions de la justice des Etats-Unis sur le fondateur de Wikileaks Julian Assange. Ce refus risque de la renvoyer en détention.

Chelsea Manning a déjà passé sept ans en prison pour avoir transmis plus de 750.000 documents diplomatiques et militaires à Wikileaks en 2010. Elle avait été renvoyée derrière les barreaux le 8 mars pour « outrage à la justice » parce qu’elle refusait de témoigner devant un grand jury constitué pour enquêter sur Julian Assange. Elle a toutefois été libérée jeudi 9 mai pour une raison technique. Le grand jury qui souhaitait l’entendre arrivait à son terme.

« Je n’ai rien de nouveau à dire »

Mais un nouveau jury, ce groupe de citoyens mis en place dans les affaires pénales sérieuses et chargés d’enquêter dans la plus grande confidentialité, vient d’être constitué et l’a convoquée à nouveau pour le mercredi 15 mai. « Ils ont déjà fait savoir qu’ils voulaient me poser les mêmes questions (…) je vais refuser de répondre », a ainsi déclaré Chelsea Manning sur la chaîne CNN. « Je n’ai rien de nouveau à dire » et « je n’aime pas le secret qui entoure les grands jurys », a-t-elle ajouté.

Chelsea Manning espère toutefois échapper à une nouvelle incarcération. « Nous avons un dossier plus solide en termes d’objections légales » que la dernière fois, a assuré l’ancienne militaire, prénommée Bradley à la naissance et devenue femme pendant son premier séjour en prison.

« Cette administration veut s’en prendre aux journalistes »

Chelsea Manning a également estimé que les procédures en cours aux Etats-Unis contre Julian Assange s’inscrivaient dans une campagne menée par le gouvernement de Donald Trump contre les journalistes. L’Australien a été arrêté le 11 avril à l’ambassade d’Equateur à Londres, où il était réfugié depuis sept ans, après une demande d’extradition des Etats-Unis. Dans la foulée, Washington a révélé qu’il avait été inculpé un an plus tôt par le grand jury devant lequel Chelsea Manning a refusé de témoigner.

« Cette administration veut clairement s’en prendre aux journalistes. Si elle obtient gain de cause (…), je pense que nous verrons de nombreuses inculpations de journalistes chargés des questions de sécurité nationale ou jugés perturbateurs », a-t-elle déclaré.