Elections européennes: Une boussole pour se situer avant de voter

ELECTIONS « 20 Minutes » lance ce lundi la Boussole européennes 2019 en partenariat avec les chercheurs du Centre d’étude de la vie politique française (Cevipof)

Claire Planchard

— 

Capture d'écran de la Boussole européennes 2019 développée par le Cevipof.
Capture d'écran de la Boussole européennes 2019 développée par le Cevipof. — Cevipof

Deux semaines pour se décider. Le 26 mai, les électeurs français seront invités à voter pour élire leurs nouveaux députés européens. Un choix difficile alors que 34 listes ont déjà été déposées pour ce scrutin. Afin de vous aider à vous positionner par rapport aux différents programmes et à identifier la liste la plus proche de vos idées, 20 Minutes et Ouest France se sont associés au Centre d’étude de la vie politique française ( Cevipof) de Sciences Po pour vous proposer une nouvelle Boussole spéciale élections européennes 2019. Méthodologie, questions, clivages… Thomas Vitiello, chercheur associé au Cevipof responsable de La Boussole européenne, explique tout ce qu’il faut savoir sur cet outil.

>> Testez La Boussole européenne 2019

Comment ont été choisies les 13 listes sélectionnées dans La Boussole européenne ?

Trente-quatre listes officiellement déclarées mais seulement 13 listes recensées dans La Boussole européenne. L’écart peut surprendre. Pour les chercheurs du Cevipof ce choix répond pourtant à des exigences à la fois pragmatiques et scientifiques : « Afin de réaliser un travail objectif de positionnement, nous avons retenu les listes qui remplissaient au moins deux de ces trois critères : avoir rédigé un programme complet nous permettant de les positionner sur la vingtaine d’énoncés évalués (politique étrangère, environnement, dépense publique, immigration, etc.) ; avoir un certain poids politique dans l’opinion en ayant reçu au moins 1 % d’intentions de vote dans les sondages des derniers mois ; avoir une représentation avec au moins un député à l’Assemblée nationale ou au Parlement européen », détaille Thomas Vitiello.

Voilà pourquoi des listes monothématiques (pour le RIC, contre l’abstention des jeunes ou la défense de la cause animale, par exemple) n’ont pas été retenues. Tout comme les listes « gilets jaunes » qui n’ont pas encore été suffisamment testées dans les sondages d’opinion. « Mais si ces listes, comme celles de Francis Lalanne ou de Christophe Chalençon continuent à être testées et détaillent un programme elles pourront être intégrées à La Boussole européenne d’ici le scrutin du 26 mai », souligne le chercheur.

Quels sont les critères évalués pour vous positionner ?

Pour vous aider à vous situer par rapport aux différents programmes, La Boussole européenne vous proposera de répondre à une vingtaine de questions. L’objectif est de vous situer, idéologiquement et visuellement, selon les deux axes majeurs du débat politique de ce scrutin européen : un axe horizontal socio-économique (à gauche les tenants de davantage d’interventionnisme étatique dans l’économie et à droite les tenants de plus de libre marché), « une dimension gauche-droite qui reste structurante de la vie politique française », note Thomas Vitiello ; et un axe vertical consacré cette fois-ci exclusivement à la question de l’intégration européenne (faut-il l’approfondir ou non ?) « afin de répondre à la spécificité du scrutin européen et de ne pas avoir une dimension qui mélangerait les questions européennes avec les questions de société comme la justice, les institutions, les valeurs, la culture, etc. », précise le chercheur.

Quelles sont les spécificités de l’offre électorale de cette boussole 2019 ?

Vous avez du mal à vous y retrouver dans cette campagne ? Rien d’anormal si on en croit Thomas Vitiello : « Ce qui est marquant en 2019, c’est l’accentuation des clivages : en termes d’offre électorale il y a une très forte segmentation qui a commencé en 2017 et qui continue lors de ces élections européennes. L’Europe clive au sein des familles de gauche et de centre gauche et de droite et de centre droit rendant impossible toute coalition », note le spécialiste. Résultat : « pour la première fois, la somme des intentions de vote pour le PS et LR, les deux partis qui ont dominé la vie politique française pendant plus de 50 ans, n’a jamais été aussi basse dans les sondages. Un phénomène inédit », note le chercheur.

Au final, trois grands pôles se détachent de cette Boussole européenne 2019 : un pôle anti-UE constitué par l’extrême droite ; un pôle pro-UE, constitué de LREM, l’UDI, EELV, Génération. s et Envie d’Europe ; un pôle intermédiaire critique constitué à gauche de LFI et du PCF mais aussi à droite de LR. « Les Républicains développent aujourd’hui un discours du "chacun à sa place" en Europe – c’est-à-dire que pour Les Républicains le périmètre d’action de l’UE doit être redéfini, note Thomas Vitiello. Si en France, l’existence d’un pôle critique de l’UE à gauche n’est pas nouvelle, notamment depuis le référendum sur la Constitution européenne de 2005, au sein du principal parti gaulliste la critique de l’Union Européenne franchit aujourd’hui un nouveau palier ».