Bénin: Les deux Français enlevés ont été libérés, deux militaires tués dans l'opération

AFRIQUE Les deux anciens otages français doivent atterrir, samedi à 17 heures, à Villacoublay, où ils seront accueillis par Emmanuel Macron

20 Minutes avec AFP

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Les soldats en charge de la protection du parc Pendjari, au Bénin, où deux Français ont été enlevés le 1er mai 2019.
Les soldats en charge de la protection du parc Pendjari, au Bénin, où deux Français ont été enlevés le 1er mai 2019. — STEFAN HEUNIS / AFP

L’armée française a libéré quatre otages, les deux Français enlevés au Bénin, une Américaine et une Sud-coréenne, lors d’une intervention « complexe » dans le nord du Burkina Faso, au cours de laquelle deux militaires français ont été tués, ont annoncé les autorités, ce vendredi.

« Cette libération a pu être obtenue grâce à une opération militaire, conduite par les forces françaises dans la nuit de jeudi à vendredi, au nord du Burkina Faso », a précisé la présidence française dans un communiqué. Quatre ravisseurs ont été tués pendant cette opération, selon l’état-major français, qui ne donne pas d’indication sur l’identité du groupe preneur d’otages.

Les deux otages arriveront ce week-end à Paris

Les deux Français, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, avaient été enlevés le 1er mai dernier lors d’un séjour touristique au Bénin, pays jusque-là épargné par l’insécurité en Afrique de l’Ouest, où opèrent de nombreux groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique (EI). Le corps du guide béninois des deux Français avait été découvert samedi dans le parc national de la Pendjari où ils effectuaient un safari.

Leur véhicule avait ensuite été retrouvé dans l’est du Burkina Faso. « C’est une bonne nouvelle. On va monter à Paris les accueillir à l’avion. On y sera », a déclaré Jean-Claude Picque, le père de Patrick. Emmanuel Macron accueillera samedi les deux ex-otages français, ainsi que l’ex-otage sud-coréenne, à leur retour en France, prévu à Villacoublay, samedi à 17 heures, a annoncé l’Elysée. L’identité des deux autres otages libérés n’était pas connue dans l’immédiat.

Les deux militaires faisaient partis du commando Hubert de la Marine nationale

Au cours de cette opération, « deux militaires ont trouvé la mort au combat, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello​, tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales », a précisé l’Elysée. Tous deux faisaient partie du prestigieux commando Hubert de la Marine nationale.

Le président Emmanuel Macron « s’incline avec émotion et gravité devant le sacrifice de nos deux militaires, qui ont donné leur vie pour sauver celles de nos concitoyens » et « adresse ses sincères condoléances à leurs familles ». « C’est avec émotion et tristesse que j’adresse mes pensées aux familles des deux militaires décédés, à leurs proches, à leurs frères d’armes et à l’ensemble des commandos marine », a réagi la ministre française des Armées Florence Parly dans un communiqué séparé.

Le Bénin et les Etats-Unis remercient la France

La ministre félicite par ailleurs « l’ensemble des forces ayant mené cette opération complexe, ainsi que tous ceux qui y ont contribué », en saluant « le précieux soutien de nos alliés américains » et la « coopération » des « autorités béninoises et burkinabè ». « Cette opération audacieuse », au cours de laquelle quatre des ravisseurs ont été tués, a été « rendue possible par la mobilisation des moyens de Barkhane, l’implication des forces burkinabè et le soutien américain en renseignement », précise le chef d’état-major français, le général François Lecointre, dans un autre communiqué.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a également salué la mémoire des deux militaires français et adressé ses « pensées aux proches du guide béninois sauvagement assassiné lors de l’enlèvement de nos deux compatriotes ».

Le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, a salué la libération dans son pays de quatre otages dont deux Français, par les forces spéciales françaises, au cours d’une « intervention militaire conjointe ». « Je salue la libération de 4 otages (…) L’intervention militaire conjointe qui a permis d’atteindre ces objectifs traduit notre engagement à lutter contre les forces du mal », a-t-il écrit.

De leur côté, les Etats-Unis ont adressé leurs « remerciements » à la France pour la libération « sains et saufs » des quatre otages. « Je présente mes plus sincères condoléances aux familles des soldats français tués pendant l’opération », a ajouté le responsable du département d’Etat américain chargé de l’Afrique, Tibor Nagy, sur Twitter.