L'université de Cambridge, au Royaume-Uni (illustration).
L'université de Cambridge, au Royaume-Uni (illustration). — MemoryCatcher/Pixabay

HISTOIRE

Esclavage: L'université de Cambridge veut savoir si elle a promu ou bénéficié de la traite d'être humains

Certains universitaires dénoncent une démarche d'« autoflagellation »

L’Université de Cambridge (Royaume-Uni) se penche sur son rapport à l’esclavage. Les responsables ont indiqué la semaine dernière avoir mandaté deux chercheurs pour enquêter pendant deux ans sur les liens entre la faculté et l’exploitation humaine, rapportent Les Echos.

Les travaux devront notamment déterminer si les bibliothèques, musées et département d’études de la prestigieuse faculté ont pu défendre ou promouvoir la pratique de l’esclavage. Mais aussi si l’institution a pu en tirer un profit financier.

Ne pas chercher à ignorer le passé

Les chercheurs utiliseront les archives de l’université. Ils chercheront à savoir si les anciens universitaires ont contribué à « renforcer ou valider un mode de pensée basé sur la race entre le XVIIIe et le début du XXe siècle ». Ils vont aussi éplucher les finances afin de trouver d’éventuelles donations liées au commerce des esclaves.

« Nous ne pouvons pas changer le passé, mais nous ne devrions pas pour autant chercher à l’ignorer », a déclaré le vice-chandelier de Cambridge. « J’espère que ce processus aidera l’Université à comprendre et à reconnaître son rôle au cours de cette phase sombre de l’histoire humaine. »

La démarche ne fait pas l’unanimité chez les universitaires. Jeremy Black, professeur d’histoire à Exeter (Royaume-Uni), déplore le développement d’une « culpabilité héréditaire ». Quant à Allan Chapman, un historien d’Oxford (Royaume-Uni), il parle d'« autoflagellation ».