Le missile S-400
Le missile S-400 — Ivan Sekretarev/AP/SIPA

ARMEMENT

Achat de missiles russes: Ankara rejette les «menaces de sanctions» américaines

La Turquie est sommée de choisir entre les F-35 américains et les S-400 russes, là où Ankara aimerait avoir les deux

La Turquie ne cédera pas « aux menaces de sanctions » des Etats-Unis concernant un accord prévoyant l'achat par Ankara de systèmes de défense antiaérienne et antibalistique russes S-400, a affirmé ce dimanche le vice-président turc.

« Les menaces de sanctions des Etats-Unis signifient qu’ils ne connaissent pas la Turquie. Personne ne peut travailler avec la Turquie en employant le ton de la menace », a déclaré Fuat Oktay lors d’une interview accordée à la chaîne de télévision Kanal 7. « La décision au sujet des S-400 a été prise. Une fois un accord conclu, une parole donnée, la Turquie respecte la parole donnée », a-t-il ajouté.

Une collecte de données technologiques par les Russes ?

Qu’importe, les Etats-Unis s’opposent fortement à cette acquisition, sommant Ankara de choisir entre le système de défense russe et les avions de chasse américains F-35, dont la Turquie souhaite également acquérir 100 exemplaires.

Les Etats-Unis craignent que la technologie dont sont dotées les batteries S-400 ne serve à collecter des données technologiques sur les avions militaires de l’Otan, dont est membre Ankara, et que la Russie puisse ainsi y accéder.

Une loi américaine sanctionnant les accords d’armement avec les Russes

Si la Turquie va au bout de cet accord sur les S-400, elle pourrait tomber sous le coup d’une loi américaine qui impose des sanctions économiques à tout pays qui conclut des contrats d’armement avec des entreprises russes.

Le chef du Pentagone Patrick Shanahan a par ailleurs prévenu vendredi que les Etats-Unis se préparaient à un retrait de la Turquie du programme de fabrication des F-35 au cas où Ankara ne renoncerait pas à l’achat des S-400.

Des entreprises turques participent depuis le lancement du programme à la fabrication du F-35, avec notamment des pièces pour le train d’atterrissage et des pales de rotor en titane. Le Pentagone n’a fixé aucune date pour l’arrivée en Turquie des F-35 et a suspendu début avril les livraisons d’équipements au sol liés à l’usage de cet appareil.