La condamnation d'Assange pour violation de sa liberté provisoire est «disproportionnée», selon des experts de l'ONU

WIKILEAKS Le groupe d'experts se dit profondément préocuppé par la décision de la justice britannique de condamner Julian Assange à 50 semaines 

J.-L. D. avec AFP

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Julian Assange
Julian Assange — Wiktor Szymanowicz/REX/SIPA

La condamnation de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, à 50 semaines de prison pour violation de ses conditions de liberté provisoire par un tribunal britannique, est « disproportionnée », a estimé vendredi le Groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire.

Dans un communiqué, le groupe d’experts indépendants, qui sont mandatés par le Conseil des droits de l’Homme mais ne s’expriment pas au nom des Nations unies, se dit « profondément préoccupé » par la décision de la justice britannique, estimant qu’il s’agit d’une « peine disproportionnée » qui a été « imposée à Julian Assange ».

Délogé le 11 avril de l’ambassade

En 2012, l’Australien de 47 ans, qui faisait l’objet de poursuites en Suède pour viol – affaires depuis classées – s’était réfugié dans l’ambassade d’Equateur à Londres pour éviter d’être extradé vers la Suède et vers les Etats-Unis, en raison de la publication de documents secrets américains par WikiLeaks.

Après sept ans passés entre les quatre murs de l’ambassade équatorienne, Julian Assange en a été délogé par la police britannique le 11 avril, avec l’autorisation de Quito.

Condamné à 50 semaines de prison

Il a été condamné à 50 semaines de prison pour violation de ses conditions de liberté provisoire par le tribunal londonien de Southwark. Les experts font valoir qu’il s’agit là d’une « violation mineure » pour laquelle il s’est vu infliger quasiment la peine maximale de douze mois de prison.

Ils expliquent également que Julian Assange ne fait actuellement pas l’objet de poursuites en Suède, car le « procureur n’a pas porté plainte contre Julian Assange en 2017 » et « a mis fin à l’enquête ».

Un traitement à l’encontre des principes de nécessité et de proportionnalité

Le Groupe de travail se dit en outre « préoccupé par le fait que Julian Assange est détenu depuis le 11 avril 2019 à la prison de Belmarsh, une prison de haute sécurité, comme s’il avait été condamné pour une infraction pénale grave ».

« Ce traitement semble aller à l’encontre des principes de nécessité et de proportionnalité prévus par les normes relatives aux droits humains », indique-t-il.