Nasa: Victime d’une fraude, l’agence spatiale a acheté des pièces défectueuses pour ses fusées pendant des années

ARNAQUE Cette gigantesque fraude aurait coûté 700 millions de dollars à l’agence spatiale américaine

20 Minutes avec agence

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Le siège de la Nasa, agence spatiale américaine, est basé à Washington aux Etats-Unis.
Le siège de la Nasa, agence spatiale américaine, est basé à Washington aux Etats-Unis. — Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

La Nasa aurait trouvé le responsable de l’échec de deux missions effectuées en 2009 et 2011. L’entreprise américaine Sapa Profiles Inc lui aurait vendu frauduleusement des pièces en aluminium défectueuses.

Pendant 19 ans, des responsables de cette société, qui s’appelle aujourd’hui Hydro Extrusion Portland Inc., auraient « falsifié des milliers de documents de certification de pièces en aluminium destinées à des centaines de clients », a affirmé ce mardi la Nasa dans un communiqué.

Des tests de solidité et de fiabilité falsifiés

Poursuivie en justice, la société aurait déjà accepté de verser 46 millions de dollars (environ 41 millions d’euros) au gouvernement des Etats-Unis et à d’autres clients. Ses responsables ont reconnu que des employés avaient rédigé de faux résultats à des tests de solidité et de fiabilité sous pression réalisés sur les métaux, rapporte Bloomberg.

Certaines des pièces détachées concernées ont été utilisées dans la fabrication de la fusée Taurus XL, conçue pour placer en orbite des satellites d’étude du climat. Jim Norman, le directeur des opérations de lancement de la Nasa, a regretté les années de travaux scientifiques gâchées par cette fraude.

700 millions de dollars de préjudice pour la Nasa

Au total, le préjudice s’élèverait à 700 millions de dollars (environ 625 millions d’euros) pour la Nasa, selon l’enquête menée par l’agence spatiale. « Bien sûr nous effectuons nos propres essais mais la Nasa ne peut pas tester à nouveau chacun des composants utilisés. Voilà pourquoi on paie les fournisseurs pour tester et certifier certaines pièces », a expliqué Jim Norman.

« L’avidité de certaines personnes et sociétés a permis cette escroquerie visant le gouvernement et des clients privés. La décision de justice tient ces entreprises pour responsables du tort causé », a assuré le procureur Brian Benczkowski le 23 avril.