Affaire Julian Assange: L’extradition du fondateur de Wikileaks examinée dès ce jeudi par la justice britannique

JUSTICE Wikileaks estime que Julian Assange risque la peine de mort s’il est extradé aux Etats-Unis

20 Minutes avec AFP

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Julian Assange a été arrêté à l'ambassade d'Equateur à Londres le 11 avril.
Julian Assange a été arrêté à l'ambassade d'Equateur à Londres le 11 avril. — Matt Dunham/AP/SIPA

La justice britannique examine jeudi la demande d’extradition du fondateur de WikiLeaksJulian Assange par les Etats-Unis, qui le considèrent comme une menace pour leur sécurité. Il est inculpé d’association de malfaiteurs en vue de commettre un « piratage informatique », passible d’une peine maximale de cinq ans de prison, pour avoir aidé l’ex-analyste du renseignement américain Chelsea Manning à obtenir un mot de passe pour accéder à des milliers de documents classés secret-défense.

Mais les soutiens de Julian Assange redoutent qu’il fasse l’objet d’accusations supplémentaires une fois sur le sol américain. En 2012, l’Australien de 47 ans avait fui la justice et s’était réfugié dans l’ambassade d’Equateur à Londres, où il a bénéficié de l’asile politique. Il en a été finalement délogé le 11 avril par la police britannique, avec l’autorisation de Quito.

Risque de la peine de mort

Quand Julian Assange s’était réfugié dans l’enceinte diplomatique, il faisait l’objet de poursuites pour viol -depuis classées- en Suède. Mais il a toujours affirmé s’être soustrait à la justice britannique par crainte, non pas d’être extradé vers la Suède, mais de finir aux Etats-Unis et d’y encourir la peine de mort, en raison de la publication de documents secrets américains.

Mercredi, Julian Assange a écopé de cinquante semaines de prison pour avoir violé les conditions de sa liberté conditionnelle. Mais, cette fois, « l’enjeu pourrait être une question de vie ou de mort pour M. Assange », a insisté Kristinn Hrafnsson, rédacteur en chef de Wikileaks, soulevant aussi les enjeux de l’affaire en termes de liberté de la presse.

Grande fuite de documents en 2010

L’Australien avait gagné le statut de champion de la liberté d’informer aux yeux du grand public en 2010 quand WikiLeaks avait publié plus de 700.000 documents sur les activités militaires et diplomatiques américaines. Mais des critiques ont vite émergé, des journaux d’envergure condamnant la méthode de la plateforme qui, en rendant publics des télégrammes du département d’Etat américain non expurgés, serait susceptible de « mettre certaines sources en danger ».

La plupart des révélations de WikiLeaks ont été faites au détriment des Etats-Unis, et souvent au bénéfice de la Russie. Celle-ci est notamment soupçonnée d’être à l’origine de la fuite d’e-mails internes au Parti démocrate aux Etats-Unis, publiés par WikiLeaks à l’été 2016. Le site a également révélé des affaires d’espionnage d’alliés par les Etats-Unis.

Division politique au Royaume-Uni

Pour l’avocate de Julian Assange, Jennifer Robinson, son arrestation a créé « un dangereux précédent pour les organes de presse et les journalistes » dans le monde. Elle a prévenu que son client compte « contester et combattre » la demande d’extradition. Selon l’avocat spécialiste des extraditions Ben Keith, la bataille judiciaire engagée par Julian Assange a peu de chance de succès et pourrait durer entre dix-huit mois et deux ans.

Au Royaume-Uni, l’affaire divise. Le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, s’oppose à l’extradition, soulignant que Julian Assange a « exposé des preuves d’atrocités en Irak et en Afghanistan ». Mais pour le chef de la diplomatie, Jeremy Hunt, Julian Assange n’est « pas un héros ». De son côté, la Première ministre Theresa May a prévenu qu'« au Royaume-Uni, personne n’est au-dessus de la loi ».