Etats-Unis: Joe Biden lance sa campagne en disputant à Trump le soutien des ouvriers

ETATS-UNIS Toujours très populaire chez les démocrates, Joe Biden se targue d'avoir gardé le contact avec la base ouvrière et de pouvoir rivaliser avec le milliardaire républicain dans les régions industrielles

20 Minutes avec AFP

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Joe Biden débute sa campagne dans une antenne syndicale à Pittsburgh (Pennsylvanie), le 29 avril 2019.
Joe Biden débute sa campagne dans une antenne syndicale à Pittsburgh (Pennsylvanie), le 29 avril 2019. — JEFF SWENSEN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Avec le décor sobre d’une antenne syndicale, Joe Biden a pris le contre-pied des meetings tape à l’œil de Donald Trump pour le premier acte public de sa campagne présidentielle en Pennsylvanie, promettant de défendre les travailleurs et de rassembler les Américains derrière son discours modéré pour battre le républicain.

Quatre jours après l’annonce officielle de sa candidature, cette allocution était très attendue. L’ancien vice-président de Barack Obama a prononcé un discours de moins de trente minutes, bien plus court que les longues apparitions du républicain Trump qui se délecte de ces rencontres avec sa base.

« Si je gagne contre Donald Trump en 2020, ça va se passer ici », a lancé Joe Biden sous les applaudissements des quelque 500 supporteurs rassemblés dans l’Etat de la côte Est qui l’a vu naître il y a 76 ans… et qui a été remporté par le républicain en 2016.

« Je suis un homme des syndicats »

Syndicalistes, pompiers, enseignants, employés de bureau et petits chefs d’entreprise étaient venus le voir dans l’antenne locale d’un syndicat américain à Pittsburgh, berceau de l’industrie sidérurgique américaine aujourd’hui en partie reconverti dans la high-tech. Sourire éclatant, chemise bleue derrière un pupitre en bois, Joe Biden a parlé de ses origines modestes, en disant vouloir se battre pour rendre la « dignité » aux travailleurs.

Dans cette ville marquée par la pire tuerie antisémite perpétrée aux Etats-Unis il y a six mois, Joe Biden a eu des mots pour l’attaque contre une synagogue en Californie ce week-end. « Cela nous rappelle une nouvelle fois que nous sommes engagés dans une lutte pour l’âme de l’Amérique ».

Puis, dans un défi direct à Donald Trump, qui a moqué lundi ses soutiens syndicalistes en affirmant avoir, lui, l’oreille directe des travailleurs, Joe Biden a tonné : « je suis un homme des syndicats », sous des applaudissements nourris.

Derrière les moqueries, l’inquiétude de Donald Trump

Mais derrière ces moments d’enthousiasme, la modestie de l’évènement avait de quoi surprendre pour celui qui domine pour l’instant de loin, dans les sondages, la course à l’investiture démocrate. Et de quoi inspirer Donald Trump qui a encore copieusement moqué lundi la campagne de « Joe l’endormi ». Un tir nourri de tweets qui indique sans doute que l’ancien sénateur, comme lui septuagénaire, inquiète plus Donald Trump qu’il ne veut l’admettre.

L’assistance a elle semblé séduite par l’enfant du pays qui a pris un long moment pour saluer les membres de la petite assemblée. Toujours très populaire chez les démocrates, Joe Biden se targue d’avoir gardé le contact avec la base ouvrière et de pouvoir rivaliser avec le milliardaire républicain dans les régions industrielles où règne un fort sentiment de déclassement social.

Vétéran de la politique, c’est la troisième fois que Joe Biden se lance dans la course à la Maison Blanche, après deux échecs aux primaires. Dans un parti démocrate qui penche de plus en plus fortement à gauche, il pense pouvoir incarner victorieusement une ligne centriste et modérée.