Daesh : Le chef de l’EI apparaît pour la première fois en 5 ans dans une vidéo de propagande

TERRORISME Abou Bakr al-Baghdadi n’était pas apparu depuis cinq ans

20 Minutes avec AFP

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Capture d'écran vidéo de propagande
Capture d'écran vidéo de propagande — Capture d'écran

Le chef du groupe Etat islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdadi est apparu pour la première fois en cinq ans dans une vidéo de propagande diffusée lundi par l’organisation djihadiste.

La date à laquelle cette vidéo a été tournée n’est pas connue mais Abou Bakr al-Baghdadi, chef du « califat » jihadiste autoproclamé en 2014, y déclare « la bataille pour Baghouz est maintenant terminée », en référence au dernier réduit du groupe ultraradical dans l’est de la Syrie, tombé le 23 mars 2019.

Une évocation des attentats au Sri Lanka

Il se terrerait aujourd'hui dans le désert syrien alors que son « califat » autoproclamé en 2014 a été défait territorialement au terme de la bataille de Baghouz en Syrie, dernier réduit de l'EI tombé en mars dernier.

L'Irakien ne dirigerait plus à présent que des troupes disloquées, même si dans la vidéo de propagande, l'homme  évoque les attentats meurtriers au Sri Lanka revendiqués par son organisation.

25 millions de dollars pour sa capture

Il apparaît dans cette vidéo avec une barbe en partie poivre et sel et en partie rousse, assis sur un coussin à même le sol, en train de parler. Les Etats-Unis offrent 25 millions de dollars pour la capture de ce chef jihadiste de 47 ans qui apparaît, par sa discrétion, comme l'antithèse d'un de ses prédécesseurs, Oussama Ben Laden, chef d'Al-Qaïda traqué sans relâche durant des années et tué en 2011 par les forces spéciales américaines au Pakistan.

La coalition anti-EI elle-même affirmait récemment avoir pour objectif premier la fin du «califat» et non la capture ou la mort de son chef. Diabétique et blessé au moins une fois, l'Irakien, dont la mort a été évoquée à plusieurs reprises, a parfois été surnommé le «fantôme».

Une garde réduite

Après avoir survécu à plusieurs attaques aériennes, « il n'est plus entouré que de trois personnes », affirmait récemment à l'AFP Hicham al-Hachémi, spécialiste des mouvements jihadistes. « Son frère Joumouaa, plus âgé que lui, son chauffeur et garde du corps Abdellatif al-Joubouri, qu'il connaît depuis l'enfance, et son estafette, Seoud al-Kourdi ».

Depuis, il ne s'était plus exprimé que dans des enregistrements sonores, bien loin des cassettes vidéos que Ben Laden diffusait régulièrement, avec mise en scène au combat ou à la mosquée.

Dans son dernier enregistrement audio, Ibrahim Awad al-Badri, de son vrai nom, était sorti en août 2018 d'un an de silence. Huit mois après que l'Irak eut déclaré la «victoire» sur l'EI, il y exhortait ses partisans à poursuivre le «jihad».