Syrie: Plus de 1.600 civils tués par l’offensive de la coalition internationale en 2017

VICTIMES « La coalition a admis être responsable de la mort de 159 civils, soit environ 10 % du nombre total recensé » de victimes, a déploré Amnesty

20 Minutes avec AFP

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La ville détruite de Raqqa, bastion de Daesh en Syrie.
La ville détruite de Raqqa, bastion de Daesh en Syrie. — ABDULLAH AL-SHAM / AFP

Un lourd bilan. Selon un rapport publié, ce jeudi, par Amnesty International, plus de 1.600 civils ont été tués, en 2017 à Raqqa en Syrie, lors de l’offensive de la coalition internationale antidjihadiste, dirigée par les Etats-Unis contre le groupe Etat islamique (EI).

Ex-capitale du « califat » autoproclamé en 2014 par l’EI, la ville de Raqqa a été détruite à près de 80 % lors d’une offensive d’envergure menée en 2017 par la coalition internationale visant à en déloger les djihadistes.

Des tirs imprécis, lancés à l’aveugle selon les ONG

« De nombreux bombardements aériens n’étaient pas précis et des dizaines de milliers de tirs d’artillerie ont été lancés de façon aveugle » durant cette offensive, a affirmé Donatella Rovera, conseillère en gestion de crise à Amnesty, ce jeudi. Amnesty a mené cette enquête en collaboration avec Airwars, une ONG qui recense les victimes civiles de tous les bombardements aériens dans le monde.

Les auteurs de cette enquête sans précédent ont exhorté les principaux pays membres de la coalition, parmi lesquels les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, à faire preuve de plus de transparence et à prendre leurs responsabilités. « Amnesty International et Airwars appellent les forces de la coalition à arrêter de nier l’ampleur choquante des morts de civils et de la destruction que leur offensive à Raqqa a causée », a indiqué le rapport.

Un bilan lié à des failles du renseignement

« La coalition a admis être responsable de la mort de 159 civils, soit environ 10 % du nombre total recensé » de victimes, a déploré Amnesty. Selon Donatella Rovera, le bilan élevé de victimes civiles est notamment lié à des failles du renseignement. Dans de nombreux cas, des bâtiments résidentiels ont été pris pour cible, tuant des familles entières qui y vivaient ou qui s’y abritaient, faute de surveillance suffisante en amont, a déclaré Donatella Rovera.

La présence de civils dans ces bâtiments aurait été « détectée », « s’il y avait eu une surveillance adéquate de ces bâtiments », a-t-elle affirmé. Déclenché en 2011, le conflit en Syrie s’est complexifié au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes djihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Il a fait plus de 360.000 morts et des millions de personnes déplacées et réfugiées.