Affaire Carlos Ghosn: Le tribunal de Tokyo approuve sa demande de libération pour 4 millions d'euros, sous de strictes conditions

JAPON Le paquet a fait appel de cette décision du tribunal de Tokyo ce jeudi

20 Minutes avec AFP

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L'ancien PDG de Renault, Carlos Ghosn.
L'ancien PDG de Renault, Carlos Ghosn. — Kazuhiro NOGI / AFP

Carlos Ghosn va-t-il pouvoir quitter sa cellule et retourner dans l’appartement qui lui a été assigné dans la ville de Tokyo ? Le tribunal a annoncé, ce jeudi, avoir approuvé la libération sous caution de l’ex-PDG de Renault, qui était retourné en prison début avril après une ré-arrestation surprise qui lui a valu une quatrième inculpation.

Le parquet a aussitôt fait appel, jugeant « regrettable » que la cour ait donné son feu vert à sa libération « en dépit de craintes de destruction de preuves », selon un communiqué du procureur-adjoint.

L’ancien grand patron soumis à de strictes conditions

Si ce recours suspensif est rejeté, Carlos Ghosn pourra retrouver la liberté moyennant une caution de 500 millions de yens, soit quatre millions d’euros, qui ont déjà été payés. L’ancien grand patron sera cependant soumis à de strictes conditions : « assignation à résidence, interdiction de quitter le Japon et autres conditions visant à empêcher destruction de preuves et fuite », a précisé le tribunal.

Surtout, il n’aura le droit de voir son épouse qu'« à condition que le tribunal approuve une requête » en ce sens, a expliqué Me Hironaka à la presse. Carole Ghosn, dans le viseur des procureurs pour son rôle supposé dans un des volets de l’affaire, est en outre soupçonnée par le parquet d’avoir contacté des protagonistes du dossier.

Huit millions d’euros de caution déjà payés

Lors de sa précédente libération, Carlos Ghosn avait pu retrouver sa famille dans un appartement de location à Tokyo, enregistré auprès du tribunal et dont il n’avait pas le droit de s’absenter plus de trois jours. Il retournera dans le même logement, selon Me Hironaka.

L’ex-PDG de Renault-Nissan, qui avait initialement été arrêté le 19 novembre à Tokyo, avait déjà payé un milliard de yens (huit millions d’euros)pour sortir le 6 mars du centre de détention du quartier de Kosuge, après avoir obtenu une première mise en liberté conditionnelle avec assignation à résidence dans la capitale nippone.

Quatre inculpations pour diverses malversations financières

Le dirigeant franco-libano-brésilien est sous le coup de quatre inculpations pour diverses malversations financières, dont des dissimulations de revenus dans des documents boursiers et deux cas différents d’abus de confiance aggravé.

La dernière affaire, qui apparaît la plus sérieuse aux yeux des experts, porte sur des détournements présumés de fonds de Nissan, pour un montant de 5 millions de dollars, selon le bureau des procureurs. S’il est effectivement libéré, Carlos Ghosn pourra se consacrer activement à la préparation de son procès qui n’est pas attendu avant plusieurs mois.