Arabie saoudite: Trente-sept personnes, condamnées pour «terrorisme», ont été exécutées

SENTENCE Les 37 personnes exécutées ont toutes été reconnues coupables d'« avoir adopté la pensée terroriste extrémiste » et d'« avoir formé des cellules terroristes »

20 Minutes avec AFP

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Un membre des unités spéciales de la police à la Mecque en Arabie saoudite, le 17 septembre 2015.
Un membre des unités spéciales de la police à la Mecque en Arabie saoudite, le 17 septembre 2015. — MOHAMMED AL-SHAIKH / AFP

Trente-sept personnes, condamnées pour « terrorisme », ont été décapitées, ce mardi en Arabie saoudite, a annoncé le ministère de l’Intérieur du pays. Une rare exécution de masse dans le royaume, survenue trois ans après celle de dizaines de personnes qui avait précipité la rupture des relations avec l’Iran.

Les exécutions de mardi ont eu lieu dans six régions : la capitale Ryad, les villes saintes de La Mecque et de Médine, la région sunnite d’Al-Qassim (centre), celle de Assir (sud) et celle de la Province orientale où se concentre la minorité chiite, selon le ministère de l’Intérieur.

Des exécutions « conformes à la charia »

Les 37 personnes exécutées mardi en Arabie saoudite ont toutes été reconnues coupables d'« avoir adopté la pensée terroriste extrémiste » et d'« avoir formé des cellules terroristes », a affirmé le ministère de l’Intérieur dans un communiqué publié par l’agence officielle SPA. Certaines ont été accusées de « sédition confessionnelle », un terme généralement utilisé en Arabie saoudite pour les militants chiites.

L’utilisation de ce terme et le fait que les exécutions aient eu lieu en zones sunnite et chiite semblent accréditer la thèse que les suppliciés sont des djihadistes sunnites et des militants chiites. Le Comité des hauts oulémas, réunissant les plus hauts dignitaires religieux du royaume, a justifié ces exécutions, en soulignant dans un communiqué qu’elles étaient « conformes à la charia ».

 

L’un des condamnés a été crucifié

Les exécutions ont généralement lieu par décapitation en Arabie saoudite, mais le ministère de l’Intérieur a précisé que l’un des suppliciés avait ensuite été crucifié, un traitement réservé aux auteurs de crimes particulièrement graves. Ces exécutions portent à plus de 100 le nombre de personnes mises à mort en Arabie saoudite depuis le début de l’année, selon un décompte établi à partir de communiqués officiels.

Selon Amnesty International, le royaume, qui suit une version rigoriste de l’islam, figure dans le peloton de tête des pays qui appliquent la peine de mort dans le monde. Dans son rapport mondial sur la peine de mort pour l’année 2018​, l’organisation indique que derrière la Chine (qui ne publie pas de statistiques), les pays ayant eu le plus massivement recours aux exécutions sont l’Iran (253), l’Arabie saoudite (149), le Vietnam (85) et l’Irak (52).