Attentats au Sri Lanka: Daesh revendique les attaques qui ont fait 359 morts

TERRORISME Les attaques coordonnées, qui ont eu lieu dimanche, ont fait 359 morts

20 Minutes avec AFP

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Un hôtel au Sri Lanka où a eu lieu une attaque terroriste le 22 avril 2019.
Un hôtel au Sri Lanka où a eu lieu une attaque terroriste le 22 avril 2019. — Atsushi Taketazu/AP/SIPA

Le groupe Daesh revendique les attentats au Sri Lanka, d’après l’agence de propagande de l’organisation djihadiste, Amaq. « Les auteurs des attaques ayant visé des ressortissants des pays de la coalition [anti-Daesh] et les chrétiens au Sri Lanka avant-hier sont des combattants de Daesh », a annoncé le groupe djihadiste. 

Les premiers éléments de l’enquête sur les attentats qui ont fait selon un dernier bilan au moins 359 morts au Sri Lanka, notamment dans des églises, montrent qu’ils ont été commis en représailles au carnage des mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande et en lien avec un groupe islamiste indien, a déclaré mardi le vice-ministre sri lankais de la Défense.

Allégance à Abou Bakr al-Baghdadi

Dans un communiqué, l'organisation a donné les noms de guerre de sept personnes impliquées selon lui dans les attentats. Abou Oubeida, Abou Baraa et Abou Moukhtar ont, selon le groupe djihadiste, perpétré les attaques contre le Cinnamon Grand Hotel, le Shangri-La et le Kingsbury. Abou Hamza, Abou Khalil et Abou Mohamad ont mené, selon la même source, les attaques contre les trois églises à Colombo, Negombo et Batticaloa. Quant au septième djihadiste, Abou Abdallah, il a, selon les jihadistes, tué trois policiers dans une attaque dans la banlieue de Colombo.

Sur une photo accompagnant le communiqué, dont l'authenticité n'a pu être vérifiée de source indépendante, huit hommes habillés de noir, dont sept au visage masqué, posent devant le drapeau noir du groupe. Amaq a par la suite publié une vidéo montrant visiblement les mêmes personnes prêtant allégeance au chef de Daesh au sort inconnu, Abou Bakr al-Baghdadi.

Deux frères ont joué un rôle-clé

Deux frères sri lankais musulmans, membres des kamikazes, ont joué un rôle-clé dans ces attentats. Les deux frères, âgés d’une vingtaine d’années et dont les noms n’ont pas été révélés, opéraient depuis une « cellule terroriste » familiale, selon les enquêteurs. Ils se sont fait exploser dimanche matin respectivement au Cinnamon Grand Hotel et au Shangri-La de Colombo. Un quatrième hôtel de luxe, jouxtant ceux frappés, figurait également parmi la liste des objectifs du dimanche de Pâques, a appris l’AFP de mêmes sources. Si Daesh a revendiqué les attaques, les autorités attribuent le bain de sang au mouvement islamiste local National Thowheeth Jama’ath (NTJ).

Les deux frères, qui ont entre 20 et 30 ans et dont les noms n’ont pas été révélés, étaient d’origine aisée et fils d’un riche commerçant d’épices. Selon les policiers, ces suspects, qui sont morts dans les attaques, dirigeaient une « cellule terroriste » familiale et jouaient un rôle-clé au sein du NTJ. Les enquêteurs ignorent toutefois encore si les attaques sont le fait de cette seule « cellule », ou d’équipes séparées mais coordonnées. On ne sait pas en l’état si ces frères étaient en contact avec les autres kamikazes.

La famille des deux frères kamikazes informée de leur projet

Si l’un des deux frères avait donné de faux détails sur son identité lors de son enregistrement à la réception de l’hôtel, l’autre avait en revanche inscrit sa véritable adresse. Cela a guidé la police jusqu’à leur résidence familiale à Orugodawatta (nord de Colombo), quelques heures seulement après les explosions. « Lorsque les forces spéciales sont allées là-bas pour enquêter, la femme d’un des frères a actionné des explosifs, se tuant avec ses deux enfants », a déclaré un responsable policier. Trois commandos de la police ont également péri dans la déflagration, qui a causé l’effondrement du plafond.

« C’est une cellule terroriste opérée par une famille », a indiqué un autre enquêteur. « (Les frères) avaient l’argent et la motivation. Ils dirigeaient la cellule et on suppose qu’ils influençaient le reste de leur famille. » Plusieurs membres de cette famille se trouvent actuellement aux mains de la police. « Les éléments que nous avons à ce stade indiquent qu’ils avaient informé leur famille proche de ce qu’ils s’apprêtaient à faire », a déclaré une autre source policière.