VIDEO. Journaliste tuée en Irlande du Nord: La Nouvelle IRA admet sa responsabilité, une femme arrêtée

ENQUETE La police a annoncé, ce mardi, l’arrestation d’une femme de 57 ans dans l’enquête sur la mort de la journaliste

20 Minutes avec AFP

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Un homme marche devant un graffiti «C'en est fini de l'IRA» à Londonderry, le 20 avril 2019.
Un homme marche devant un graffiti «C'en est fini de l'IRA» à Londonderry, le 20 avril 2019. — AFP

La Nouvelle IRA, groupe républicain dissident luttant pour la réunification de l’Irlande, a admis ce mardi sa responsabilité dans la mort de la journaliste Lyra McKee, tuée par balle lors d’affrontements à Londonderry, en Irlande du Nord.

La Nouvelle IRA a présenté « ses sincères et entières excuses à sa partenaire, à la famille et aux amis de Lyra McKee pour sa mort », selon le site de The Irish News qui affirme avoir reçu une déclaration contenant un message codé de la part du groupe dissident.

Cette jeune femme de 29 ans a été « tragiquement » tuée jeudi soir alors qu’elle se « tenait à côté des forces ennemies », a justifié la Nouvelle IRA en évoquant des forces de l’ordre « lourdement armées », qui auraient « provoqué les émeutes » précédant la mort par balle de la journaliste.

Une femme de 57 ans arrêtée par les autorités

La police nord-irlandaise (PSNI) a affirmé que Lyra McKee avait été tuée par un homme ayant ouvert le feu contre des policiers qui affrontaient des émeutes dans le quartier catholique de Creggan. La semaine dernière, la formation d’extrême gauche Saoradh, qui se présente comme le Parti républicain révolutionnaire nord-irlandais, avait déjà qualifié le décès de Lyra McKee de « tragique » et adressé sa « compassion » à ses proches. Mais elle avait également jugé « inévitable la résistance de la jeunesse de Creggan » contre la police.

Selon elle, les forces de l’ordre auraient effectué un raid dans des logements pour « attaquer les républicains avant les commémorations » du week-end, au cours duquel les républicains célèbrent le soulèvement survenu à Dublin en 1916, qui avait abouti à la proclamation d’une République d’Irlande, le lundi de Pâques. La police a annoncé mardi l’arrestation d’une femme de 57 ans dans l’enquête sur la mort de la journaliste. Les deux hommes de 18 et 19 ans arrêtés samedi ont, eux, été relâchés depuis, sans poursuite.

Trois décennies de violences

Ce drame rappelle les heures sombres des « Troubles » qui ont déchiré la province britannique de l’Irlande du Nord pendant trois décennies. Opposant républicains nationalistes (catholiques), partisans de la réunification de l’Irlande, et loyalistes unionistes (protestants), défenseurs du maintien dans la Couronne britannique, ces violences avaient fait quelque 3.500 morts avant de prendre fin grâce à l’accord du Vendredi saint de 1998. Cet accord avait imposé un retrait des forces britanniques et le désarmement de l’Armée républicaine irlandaise (IRA).

Mais, à l’instar de la Nouvelle IRA, des républicains dissidents, luttant pour la réunification de l’Irlande, y compris par la violence, restent actifs. Ce groupe avait revendiqué l’explosion en janvier d’une voiture piégée à Londonderry. Un attentat auquel a succédé la découverte de plusieurs paquets contenant de petits engins explosifs, retrouvés notamment dans des bâtiments des aéroports de Londres City et Heathrow, des actes également revendiqués par la Nouvelle IRA.

Des funérailles organisées mercredi à Belfast

Les six principaux partis politiques d’Irlande du Nord – y compris les unionistes et les républicains incapables depuis plus de deux ans de se mettre d’accord pour former un gouvernement à Belfast – ont également publié une rare déclaration commune. « Le meurtre de Lyra, ont-ils écrit, constitue une attaque contre tous les membres de cette communauté, une attaque contre la paix et le processus démocratique. »

Les funérailles de la jeune femme doivent avoir lieu mercredi, à la cathédrale Sainte-Anne de Belfast, d’après une publication Facebook de la compagne de Lyra McKee, Sara Canning. « Cela va être une célébration de sa vie », a-t-elle écrit, avant d’appeler les invités qui le souhaitent à se vêtir de tee-shirts en lien avec la saga littéraire “Harry Potter” ou les personnages de Marvel. « Je sais qu’elle aurait adoré ça », a-t-elle affirmé.