Egypte: Deuxième jour du référendum pour prolonger la présidence Sissi

VOTE Si la révision constitutionnelle est votée, le président Sissi pourrait rester au pouvoir jusqu’en 2030

20 Minutes avec AFP

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Le général Abdel Fattah al-Sissi sur le point de prendre ses fonctions de président le 8 juin 2014 au Caire
Le général Abdel Fattah al-Sissi sur le point de prendre ses fonctions de président le 8 juin 2014 au Caire — Présidence égyptienne

Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche en Egypte pour le deuxième jour d’un référendum sur une révision constitutionnelle controversée destinée à prolonger la présidence d' Abdel Fattah al-Sissi, accusé de graves violations des droits humains.

Le scrutin, qui semble joué d’avance, se tient à travers le pays sur trois jours, jusqu’au lundi 22 avril. La télévision et les journaux, très étroitement contrôlés par le gouvernement, diffusent depuis ce samedi des images de grande affluence autour des bureaux de vote et se félicitent du bon déroulé des opérations, mais sans évoquer la réforme controversée sur le fond.

Rester au pouvoir jusqu’en 2030

La révision constitutionnelle donne au chef de l’Etat la possibilité de rester au pouvoir jusqu’à 2030. Depuis son élection comme président en 2014, les ONG dénoncent régulièrement les arrestations et procès de masse ainsi que le musellement de la presse et de l’opposition.

Aucune place n’est accordée dans les médias de masse égyptiens à l’opposition ni aux ONG de défense des droits humains dénonçant ces changements constitutionnels renforçant le pouvoir de al-Sissi, qui s’expriment essentiellement sur Internet.

Incitation au vote

Comme lors de précédents scrutins, des électeurs ont fait l’objet d’incitations à voter, ont constaté des journalistes de l’AFP. Certains employés ont été invités par leur hiérarchie à se rendre aux urnes, d’autres ont reçu des coupons alimentaires à la sortie des bureaux de vote.

L’Egypte avait connu un profond bouleversement lors du Printemps arabe en 2011, quand une révolte populaire avait eu raison du président Hosni Moubarak, déchu après 30 ans au pouvoir.

Un contrôle accru sur le pouvoir judiciaire

Le président Sissi a régulièrement exprimé son mépris pour cette révolution, mettant en garde les pays de la région contre les mouvements populaires en cours, notamment en Algérie et au Soudan.

Au-delà de la prolongation de sa présidence, la révision constitutionnelle permet d’accroître son contrôle sur le système judiciaire. Elle octroie également un pouvoir politique à l’armée, pilier du régime.

Des critiques des ONG

Les ONG locales et internationales, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont critiqué la révision constitutionnelle, estimant qu’elle allait accroître la « répression » et « l’autoritarisme » dans le pays.

Les défenseurs du texte estiment toutefois qu’une réforme était nécessaire pour assurer la stabilité politique, sécuritaire et économique de ce pays de quelque 100 millions d’habitants. Les résultats seront annoncés d’ici au 27 avril, selon l’Autorité nationale des élections. Aucun chiffre de participation n’a été donné par les autorités à ce stade.