Primaire démocrate: Joe Biden devrait annoncer sa candidature la semaine prochaine

ETATS-UNIS L'ancien vice-président est déjà en tête des sondages, devant Bernie Sanders

20 Minutes avec AFP

— 

L'ancien vice-président Joe Biden est allé soutenir des ouvriers près de Boston, le 18 avril 2019.
L'ancien vice-président Joe Biden est allé soutenir des ouvriers près de Boston, le 18 avril 2019. — Michael Dwyer/AP/SIPA

Il est prêt à se lancer dans l’arène. Alors que la primaire démocrate promet de tourner à la « battle royale », avec une vingtaine de concurrents, Joe Biden va annoncer sa candidature la semaine prochaine, selon plusieurs médias américains.

Dominant les sondages du côté démocrate malgré la polémique sur ses gestes d’affection jugés trop marqués avec les femmes, l’ancien vice-président de Barack Obama annoncera sa candidature dans une vidéo mercredi, selon le site The Atlantic. Son équipe débat encore « du timing exact de son annonce » qui aura lieu la semaine prochaine, indique la chaîne NBC news.

Joe Biden avait rejoint jeudi soir des employés de supermarchés en grève dans le Massachusetts, où il a donné sous la pluie un discours qui avait tout d’un air de campagne. « Les banquiers de Wall Street et les PDG n’ont pas construit les Etats-Unis. C’est vous qui avez construit les Etats-Unis (…) Les gens ordinaires de la classe moyenne ont construit » ce pays, a-t-il déclaré. « Lance-toi Joe », avaient écrit certains manifestants sur des pancartes.

Leader dans les sondages

Avant même d’être officiellement dans la course, il domine les sondages parmi la quasi-vingtaine de prétendants à l’investiture démocrate, avec 30 % des suffrages selon la moyenne établie par le site RealClearPolitics, contre 22,5 % pour le sénateur indépendant Bernie Sanders, loin devant les autres candidats.

Mais son âge – à 76 ans aujourd’hui, il serait le plus vieux président des Etats-Unis à son arrivée à la Maison Blanche – et son côté très tactile menacent sa candidature. Plusieurs femmes l’ont récemment accusé de les avoir profondément gênées avec ses célèbres marques d’affection : baiser sur la tête, mains sur les épaules, l’ex-sénateur est connu pour ses gestes démonstratifs. Après la polémique, il a promis d'« être plus attentif ». Sans toutefois s’excuser.

Biden pourrait également devoir à nouveau justifier son manque de soutien à Anita Hill, qui accusait un candidat à la Cour suprême de harcèlement sexuel en 1991, et ses positions pas vraiment progressistes sur la déségrégation des écoles dans les années 1970.

Bond de Buttigieg

Joe Biden, démocrate modéré, reste cependant très populaire, notamment auprès de deux groupes d’électeurs qui pourraient être clés lors de la présidentielle de novembre 2020 : les ouvriers blancs, qui ont en partie voté pour Donald Trump en 2016, et les Noirs. La vidéo d’annonce de sa candidature montrera d’ailleurs des images de sa ville natale de Scranton, en Pennsylvanie, un Etat de la ceinture industrielle («Rust Belt ») qui a basculé en faveur de Donald Trump après de longues années de victoires démocrates.

Joe Biden pourrait ensuite organiser un meeting de lancement de campagne à Philadelphie, toujours en Pennsylvanie, ou à Charlottesville, en Virginie, théâtre de manifestations néonazies en août 2017.

Joe Biden compterait sur le progressiste Bernie Sanders pour siphonner une bonne partie des voix de gauche, selon The Atlantic, le laissant, parmi les 18 autres candidats, avec une confortable voie centriste pour décrocher l’investiture démocrate. Mais plusieurs candidats originaires des fameux anciens bassins industriels du « Midwest » pourraient empiéter sur son terrain, notamment le jeune phénomène du début de campagne Pete Buttigieg, maire de South Bend dans l’Indiana.

Ce dernier a d’ailleurs effectué un bond spectaculaire, en passant de 2 % début mars à 17 % des intentions de vote chez les électeurs démocrates, d’après un sondage de Change Research, publié jeudi et mené en ligne auprès de 2.518 personnes. Il se place ainsi au troisième rang, talonnant Bernie Sanders (20 %) et Joe Biden (21 %) Pete Buttigieg enregistrait 6 % des intentions de vote démocrates entre le 21 mars et le 14 avril, selon RealClearPolitics, qui compile les sondages jugés les plus fiables.