Etats-Unis: Qui est Marc Lamparello, l'homme aux bidons d'essences dans la cathédrale de New York?

CATHEDRALE Le profil de l'homme arrêté ce mercredi avec des bidons d'essence dans une cathédrale de New York est de plus en plus louche

Jean-Loup Delmas

— 

Marc Lamparello
Marc Lamparello — SIPA
  • Un homme s’est fait arrêter ce mercredi avec des bidons d’essence dans une cathédrale de New York.
  • Son profil s’avère être de plus en plus suspect, entre un billet aller simple acheté pour Rome et son refus de quitter des édifices religieux.
  • Il a été en contact avec des instances liées à la religion tout au long de sa vie.

Mais qui est cet individu qui rentre dans des cathédrales américaines avec des bidons d’essence ? Agé de 37 ans, Marc Lamparello s’est fait arrêter ce mercredi après avoir pénétré dans la cathédrale Saint-Patrick de New York avec deux bidons d’essence, du liquide inflammable et des briquets.

Un attirail plutôt fort suspect, surtout deux jours seulement après l'incendie de Notre-Dame de Paris. Et le fait d’affirmer qu’il voulait prendre un raccourci par la cathédrale alors que sa voiture était en panne d’essence n’a pas franchement convaincu, d’autant plus que plusieurs médias américains ont noté que le trajet était plus rapide en contournant l’édifice religieux.

Un livre sur l’existence de Dieu

Alors qu’il se faisait refuser l’entrée de l’édifice, de l’essence a coulé par terre lorsqu’il s’est retourné. Lui-même n’aurait fait aucun lien avec les flammes qui ont ravagé la cathédrale parisienne.

Selon la biographie d’un livre qu’il a récemment publié, Natif du New Jersey, Marc Lamparello a étudié la philosophie au Boston College, une école catholique dirigée par les Jésuites et obtenu son diplôme en 2004. Il travaillait sur deux autres bouquins, dont un dialogue spirituel sur les arguments pour et contre l’existence de Dieu.

« Son histoire n’est pas cohérente »

Si le motif terroriste n’est pas retenu, Marc Lamparello est inculpé pour tentative d’incendie criminel, de mise en danger de la vie d’autrui et de transport illégal de matières inflammables dans des lieux publics.

John Miller, le commissaire adjoint du département de police de New York : « L’ensemble des circonstances d’un individu qui entre dans un lieu emblématique comme la cathédrale Saint-Patrick avec de l’essence, et des briquets est quelque chose qui nous préoccuperait beaucoup. Son histoire n’est pas cohérente. Donc il est en discussion avec des inspecteurs en ce moment. »

Un départ pour Rome

Autre point trouble, Marc Lamparello avait acheté un aller simple pour Rome et devait partir ce jeudi soir, selon le New York Daily News. Une ville un peu connue pour avoir quelques églises et basiliques ici et là, on ne va pas vous l’apprendre. Toujours coté lien avec la chrétienté, entre 2011 et 2013, Marc Lamparello était directeur musical de l’église St. Joseph’s Church à East Rutherford (New Jersey), rapporte CBS.

Avant ce lundi et sa passion soudaine pour les cathédrales, ses seuls démêlés avec la justice comprenaient une accusation de possession de drogue en 2005.

« De vrais Américains »

Il avait de plus été arrêté ce lundi pour avoir refusé de quitter la cathédrale de Newark à la fermeture. Assis sur un banc, il a déclaré au shérif adjoint qu’il ne quitterait la cathédrale qu’avec des menottes aux poignets. Alors que les officiers tentaient de le mettre en détention, il a résisté et, à un moment donné, il s’est jeté sur le sol de l’église en déclarant : « Je ne pars pas. Dieu me veut ici. Je connais tous les péchés que les prêtres ont commis. »

Un de ses voisins a parlé à NorthJersey.com, indiquant que Marc Lamparello et sa famille sont des membres de longue date de la communauté paroissiale. Sa page Facebook semble avoir été supprimée et deux comptes Instagram à son nom ne contiennent pas de photos téléchargées. Un autre voisin sur CBS raconte que Marc Lamparello « n’était pas bizarre », et qu’il « avait l’air d’être un type bien, qu’il marchait en ligne droite ». Il décrit la famille comme étant « de très bonnes personnes. Ce sont de vrais Américains qui essaient de faire ce qu’il faut. »