Pas d'inculpation ni d'exonération pour Trump... Les principaux enseignements du rapport Mueller

ETATS-UNIS Les 448 pages du rapport qui a conclu à l'absence de collusion entre Donald Trump et Moscou ont été mises en ligne ce jeudi soir

Philippe Berry

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 	Photomontage du président américain, Donald Trump, face au procureur spécial chargé de l'enquête sur la Russie, Robert Mueller.
Photomontage du président américain, Donald Trump, face au procureur spécial chargé de l'enquête sur la Russie, Robert Mueller. — PHOTOS SIPA / MONTAGE 20 MINUTES

Après 23 mois d’enquête, des centaines de témoins entendus, une trentaine de personnes inculpées, le feuilleton est terminé : le rapport de Robert Mueller sur la Russie et la campagne de Donald Trump vient d’être mis en ligne par le département américain de la Justice ce jeudi à 11 heures (17 heures à Paris). Le PDF est disponible ici.

Une heure plus tôt, l’attorney general des Etats-Unis a donné des éléments de contexte. Répétant qu’il n’y avait « pas eu de collusion » entre la campagne de Donald Trump et Moscou, il a défendu le président américain, assurant que « les preuves du rapport n’étaient pas suffisantes pour établir que le président a entravé la justice ». Ce dernier s’est réjoui dans la foulée : « Pas de collusion, pas d’obstruction, je passe une bonne journée ! »

Point 1. Le rapport ne blanchit pas Trump sur l’obstruction et laisse le Congrès trancher

L’enquête s’est penchée sur 10 actions majeures de Donald Trump, notamment le limogeage de James Comey. Parce que Robert Mueller n’a pas pu déterminer si le président américain avait des « intentions corrompues », il a choisi de ne pas trancher sur la question de l’obstruction à la justice. « Ce rapport ne conclut pas que le président a commis un crime, mais il ne l’exonère pas non plus. » « En même temps, si nous avions la certitude que le président n’a pas entravé la justice, nous le dirions ». Mueller renvoie la balle au Congrès, « qui dispose du pouvoir d’empêcher le président d’exercer son pouvoir de façon corrompue. » Traduction : Mueller a estimé qu’il n’y avait pas d’élément assez fort pour une inculpation, mais la barre est moins haute au Congrès pour un impeachment, qui est un processus politique et pas judiciaire.

Point 2 : « C’est la fin de ma présidence, I’m fucked », s’est exclamé Trump quand il a appris que Mueller avait été nommé

Un employé de la Maison Blanche a retranscrit la scène quand l’ex-ministre de la Justice Jeff Sessions a annoncé à Donald Trump que Robert Mueller venait d’être nommé pour enquêter. Trump s’est exclamé : «OMG, c’est terrible, c’est la fin de ma présidence, I’m fucked ! (je suis foutu)».

Point 3 : Trump savait par avance que WikiLeaks allait publier davantage d’emails

A la fin de l’été, après la publication des emails piratés du parti démocrate, Trump a reçu un appel téléphonique et a ensuite indiqué au directeur adjoint de sa campagne que « d’autres éléments dommageables » allaient venir sur Clinton. Trump a également demandé à son conseiller Mike Flynn d'obtenir les emails de Clinton. Un intermédiaire a alors contacté les hackers russes mais Mueller n'a pas trouvé de preuve que la campagne de Trump avaient obtenur les emails de Clinton.

Point 4 : Le fils de Donald Trump n’est pas passé loin d’une inculpation

Le fameux meeting de la Trump Tower avec une avocate russe ayant promis des informations compromettantes sur Hillary Clinton aurait pu coûter cher à Donald Trump Jr. Mais si Mueller ne l’a pas inculpé, c’est parce qu’il aurait été difficile de prouver « au-delà du doute raisonnable » qu’il « avait conscience » qu’il enfreignait la loi sur les contributions étrangères.

Point 5: Des communications ont été effacées

Certains cadres de la campagne ont effacé des communications et ont utilisé des messageries chiffrées ou éphémères.

Point 6: Donald Trump a ordonné à l'avocat de la Maison Blanche de virer Mueller

Mais Don McGahn a refusé, mettant sa démission dans la balance. Trump a fait marche arrière mais a ensuite demandé à l'avocat de mentir et de nier sa requête. Ce point pourrait être crucial si le Congrès décide de creuser la piste de l'obstruction.