Rapport Mueller: Trump était «frustré» mais n'a «pas agi» pour entraver l'enquête russe, selon l'attorney general

ETATS-UNIS – Le ministre de la Justice a défendu le président américain lors d'une conférence de presse, alors que le rapport du procureur spécial devrait être publié dans la soirée

P.B.

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L'Attorney general des Etats-Unis, Bill Barr, le 18 avril 2019.
L'Attorney general des Etats-Unis, Bill Barr, le 18 avril 2019. — Sipa USA/SIPA

Jour J pour le rapport Mueller. Alors que les 400 pages de l’enquête sur la Russie doivent être publiées dans la soirée, l’attorney general des Etats-Unis a donné des éléments de contexte, jeudi. Répétant qu’il n’y avait « pas eu de collusion » entre la campagne de Donald Trump et Moscou, il a défendu le président américain, assurant que « les preuves du rapport n’étaient pas suffisantes pour établir que le président a entravé la justice ».

Sur la collusion, le rapport, selon Bill Barr, exonère totalement Donald Trump et sa campagne sur quatre fronts : la campagne de désinformation de la Russie sur les réseaux sociaux, le piratage des emails du parti démocrate et d’Hillary Clinton, la publication de ces emails par WikiLeaks et les contacts avec des officiels russes. « Nous savons désormais que les agents russes n’ont pas été aidés par le président Trump ou la campagne du président Trump, et tous les Américains devraient s’en réjouir », a déclaré Bill Barr.

Trump « frustré et en colère »

Bill Barr a ensuite expliqué sa décision de ne pas l’inculper d’obstruction à la justice, alors que le rapport Mueller a botté en touche sur ce point. Le rapport s’est penché sur « dix moments » mais, en substance, n’a pas pu établir quelles étaient les intentions de Donald Trump, et si elles étaient « corrompues ».

« Il faut se rappeler que le président faisait face à une situation sans précédent. Il y a des preuves montrant qu’il était en colère et frustré, avec la conviction sincère que l’enquête (sur la Russie) sapait sa présidence, encouragée par ses adversaires politiques et alimentée par des fuites illégales. Et dans le même temps, il y avait une spéculation constante dans les médias sur sa culpabilité personnelle. Mais, comme il l’a dit depuis le début, il n’y avait pas, au final, de collusion », a insisté Bill Barr, semblant se transformer en avocat de Donald Trump. Malgré ce contexte, « le président n’a pas agi pour entraver l’enquête du procureur (Mueller) », estime Barr. Il s’agit cependant de son interprétation, et les élus américains pourraient avoir une autre opinion après la lecture complète du rapport qui devrait être publié entre 17 et 18 heures.