Ce qu'il faut savoir sur la publication du rapport Mueller ce jeudi

ETATS-UNIS Les conclusions du procureur chargé d’enquêter sur Donald Trump et la Russie seront publiées entre 11 heures et midi (17h-18h heure de Paris)

P.B.

— 

 Photomontage du président américain, Donald Trump, face au procureur spécial chargé de l'enquête sur la Russie, Robert Mueller.
Photomontage du président américain, Donald Trump, face au procureur spécial chargé de l'enquête sur la Russie, Robert Mueller. — PHOTOS SIPA / MONTAGE 20 MINUTES

Certes, le secret est un peu éventé par le résumé de quatre pages publié fin mars. Et si Donald Trump a déjà revendiqué une « EXONERATION complète et totale », la publication du rapport de Robert Mueller, ce jeudi, reste un événement majeur. Car si le procureur spécial n’a pas trouvé de preuve de collusion entre la campagne de Donald Trump et Moscou, il a botté en touche sur la question de l’obstruction à la justice. Après 23 mois d’enquête et une trentaine d’inculpations, Bob Mueller va laisser son rapport de 400 pages parler pour lui.

Une conférence de presse à 9h30 (15h30 heure de Paris)

On ne devrait pas voir Robert Mueller, qui déteste la lumière des projecteurs. C’est son supérieur, le nouvel attorney general Bill Barr, accompagné du numéro 2 du département de la Justice (DOJ), Rod Rosenstein, qui va présenter le rapport lors d’une conférence de presse à 9h30 à Washington.

Le rapport transmis aux élus entre 11 heures et midi sur… cd-rom

Ça fleure bon les années 90. Selon les médias américains, après la conférence de presse, le rapport expurgé des éléments sensibles sera transmis aux élus du Congrès sur des cd-rom – les attachés parlementaires ont même dû vérifier qu’ils avaient bien à disposition un ordinateur encore doté d’un lecteur. Le rapport sera dans la foulée mis en ligne publiquement sur le site du DOJ, sans doute vers midi (18h00 heure de Paris).

Donald Trump en partie briefé, les démocrates crient au scandale

Selon le New York Times, il y a eu « de nombreuses discussions » entre la Maison-Blanche et le DOJ sur les conclusions du rapport Mueller. « L’attorney general Barr a perdu toute crédibilité sur l’indépendance du DOJ en cherchant à tout prix à protéger Donald Trump », a dénoncé la patronne des démocrates Nancy Pelosi. Donald Trump a déclaré qu’il n’excluait pas de tenir sa propre conférence de presse après celle de Bill Barr.

Pas de collusion…

La question de la collusion est réglée. Il sera toutefois intéressant de voir les conclusions de Robert Mueller sur plusieurs épisodes sensibles, notamment la rencontre à la Trump Tower entre le fils du président américain et une avocate russe qui avait promis des « informations compromettantes » sur Hillary Clinton, ou encore sur les discussions de l’ex-conseiller Michael Flynn avec l’ambassadeur russe sur une possible levée des sanctions américaines.

Mais la question de l’obstruction encore ouverte

Nommé par Donald Trump, l’attorney general Bill Barr a conclu en se basant sur le rapport qu’il n’y avait pas matière à inculper le président américain d’obstruction à la justice. Il a cependant souligné que Robert Mueller n’avait pas apporté de conclusions définitives, écrivant : « Si ce rapport ne conclut pas que le président a commis un crime, il ne l’exonère pas non plus. »

Un impeachment très improbable

Bill Barr a décidé de ne pas inculper Donald Trump, sans que l’on sache si sa décision était due à l’absence de preuve, ou à sa philosophie – exprimée publiquement – qu’un président en poste bénéficie d’une immunité. Dans tous les cas, le Congrès dispose du pouvoir d’impeachment. Le processus est purement politique et n’a aucun lien avec le système judiciaire. Mais plusieurs élus républicains critiques de Donald Trump, comme Susan Collins, ont indiqué que l’absence de collusion réglait pour eux la question. Désormais, tous les yeux sont déjà braqués sur la présidentielle de 2020. Le combat a déjà commencé.