Le ton monte encore d'un cran entre Moscou et Washington

GEORGIE Le président russe Dmitri Medvedev et le vice-président américain Dick Cheney se sont livrés samedi à une vive passe d'armes au sujet de la Géorgie, chacun accusant l'autre de continuer à alimenter le conflit dans la petite république du Caucase.

© 2008 AFP

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Le président russe Dmitri Medvedev a accusé samedi les Etats-Unis de "réarmer" la Géorgie sous couvert d'aide humanitaire, au lendemain de l'arrivée d'un vaisseau amiral américain dans un port géorgien stratégique.
Le président russe Dmitri Medvedev a accusé samedi les Etats-Unis de "réarmer" la Géorgie sous couvert d'aide humanitaire, au lendemain de l'arrivée d'un vaisseau amiral américain dans un port géorgien stratégique. — Mikhail Klimentyev AFP

Le président russe Dmitri Medvedev et le vice-président américain Dick Cheney se sont livrés samedi à une vive passe d'armes au sujet de la Géorgie, chacun accusant l'autre de continuer à alimenter le conflit dans la petite république du Caucase.

A Moscou, le président russe a accusé samedi les Etats-Unis de «réarmer» la Géorgie sous couvert d'aide humanitaire, au lendemain de l'arrivée d'un vaisseau amiral américain dans un port géorgien stratégique. «Je me demande comment ils réagiraient si nous envoyions de l'aide humanitaire en utilisant notre marine dans des pays des Caraïbes, qui ont été touchés par les récents ouragans», a-t-il ajouté en allusion aux Américains.

Dmitri Medvedev présidait samedi au Kremlin une réunion de près d'une centaine de responsables de toutes les régions de Russie, consacrée spécialement au conflit russo-géorgien. Ouvrant les discussions en présence de la presse, il avait appelé les participants à «tirer les conclusions» de cette «véritable guerre» pour «la stratégie de la politique extérieure» russe et «le renforcement de la sécurité nationale».

«La Russie doit faire un choix»

Le vice-président américain Cheney a immédiatement répliqué samedi depuis Cernobbio, en Italie, en estimant que le Kremlin «avait commis des actes de guerre» contre la démocratie en Géorgie. «Les forces russes ont alimenté et fomenté un conflit interne(...) tué des civils et provoqué l'exode de dizaines de milliers de personnes», a-t-il déclaré devant le Forum Ambrosetti où il était invité à s'exprimer devant un parterre de personnalités internationales du monde politique, diplomatique et économique.

«Tout ceci s'est fait contre une nation qui a élu démocratiquement son gouvernement et a pris une orientation vers l'Ouest», s'est-il indigné dans ce discours considéré comme l'un des plus fermes qu'il ait prononcé depuis le début du conflit. «La Russie doit faire un choix. Et en tant qu'alliance transatlantique, nous avons nos responsabilités», a-t-il résumé. «Nous savons que si un pays est autorisé à redessiner les frontières d'un autre, cela arrivera. Nous savons que si nous permettons qu'une nouvelle ligne soit tirée à travers l'Europe, alors ce sera le cas«, a-t-il ajouté, appelant les pays de l'Otan à l'unité pour faire face à cette situation.

Le déclencheur de cette nouvelle salve d'accusations réciproque a été l'arrivée vendredi de l'«USS Mount Whitney», vaisseau amiral de la 6e Flotte, dans le port géorgien de Poti. Moscou l'a dénoncé en estimant que ce bâtiment très sophistiqué pourrait être utilisé à des fins militaires. Un porte-parole de la diplomatie américaine, Robert Wood, a répliqué que le navire acheminait couvertures, jus de fruits et produits d'hygiène. «Cette accusation russe est absolument sans fondement», a-t-il déclaré. L'«USS Mount Whitney» avait été précédé de deux autres navires apportant aussi, selon l'armée américaine, de l'aide humanitaire.