Brunei: Un ministre tente de justifier la lapidation des homosexuels auprès de l'ONU

HOMOPHOBIE Les Nations Unies ont fermement condamné les nouvelles sanctions prises à Brunei à l'encontre des homosexuels

20 Minutes avec agence

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Le ministre des Affaires étrangères du Brunei, Erywan Yusof.
Le ministre des Affaires étrangères du Brunei, Erywan Yusof. — Mary Altaffer/AP/SIPA

Le petit Etat de Brunei a franchi un nouveau pas dans la répression des comportements qu'il juge « déviants ». Depuis le 3 avril, l'infidélité et l’homosexualité y sont punis de la peine de mort par lapidation. Des sanctions rapidement qualifiées de « cruelles et inhumaines » par l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Face au tollé international, le ministère des Affaires étrangères du sultanat de Brunei a tenté de justifier ces nouvelles mesures dans une lettre adressée à l’ONU, rapporte la BBC. Erywan Yusof tente d'y expliquer que le nouveau Code pénal se base plus « sur la prévention que sur la punition ».

Peine capitale et amputation

Selon le ministre, son but serait d’abord de « dissuader, réhabiliter et d’éduquer » plutôt que de punir. Les personnes homosexuelles pourraient ainsi être « rééduquées », d'après lui. Seule l’homosexualité masculine est passible de la peine de mort. Le lesbianisme est lui sanctionné de quarante coups de canne et jusqu’à dix ans d’emprisonnement. 

Le nouveau texte instaure également la peine capitale pour les personnes qui insultent le prophète et l’amputation de la main ou du pied pour les voleurs. Pour valider ce type de condamnation, il suffit d’avoir le témoignage de deux hommes reconnus pour leur « sens moral et leur piété ». Selon le ministre, ces standards seraient si élevés que la condamnation à mort devrait rester exceptionnelle.