Paris accueillera 20 migrants bloqués au large de Malte, indique Castaner

IMMIGRATION Leur navire est bloqué depuis plusieurs jours au large de Malte après un refus de l’Italie d’autoriser son débarquement à Lampedusa

20 Minutes avec AFP

— 

Christophe Castaner, le 4 avril 2019 à Biarritz.
Christophe Castaner, le 4 avril 2019 à Biarritz. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

La France est prête comme « plusieurs autres partenaires européens » à accueillir une partie des migrants bloqués depuis plusieurs jours à bord du navire de l’ONG Sea-Eye, au large de Malte, a assuré ce vendredi le ministre français de l’Intérieur Christophe Castaner.

« Je me suis entretenu avec mon homologue maltais » et « je lui ai confirmé que la France, comme l’Allemagne et plusieurs autres partenaires européens, sera solidaire pour l’accueil de réfugiés présents à bord de l'#AlanKurdi, afin de permettre leur débarquement à La Valette », capitale de Malte, a indiqué le ministre dans un message sur Twitter.

64 personnes sur une embarcation de fortune

« Comme pour les autres navires (Lifeline, Aquarius, SeaWatch), j’ai demandé que les personnels du ministère de l’Intérieur et de l’OFPRA se tiennent prêts à se rendre sur place dans les heures à venir pour faciliter le transfert en France de 20 personnes en besoin de protection », a précisé le ministre. Christophe Castaner est critiqué ces derniers jours par des ONG qu'il a accusées d'être «complices» des passeurs en Méditerranée.

Le navire Aylan-Kurdi – baptisé par Sea-Eye en hommage au petit Syrien retrouvé noyé sur une plage turque – avait secouru le 3 avril 64 migrants qui se trouvaient sur une embarcation de fortune au large de la Libye. Il a d’abord fait route vers l’île italienne de Lampedusa, mais le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini (extrême droite), a estimé que c’était à Berlin de prendre en charge ces migrants secourus par une ONG allemande sur un navire battant pavillon allemand. A Berlin, un porte-parole du ministère de l’Intérieur a expliqué à l’AFP que l’Allemagne était prête à « prendre sa part ».

Des conditions de vie difficiles à bord

Le navire a ensuite mis le cap sur Malte et navigue depuis autour du petit pays méditerranéen. Depuis l’été 2018, La Valette a accepté plusieurs débarquements de migrants secourus par des ONG, mais uniquement dans le cadre d’accords pour les répartir entre plusieurs pays européens.

L’ONG Sea-Eye a averti que le temps presse : si Malte a autorisé un transfert de nourriture et d’eau pour mercredi qui devrait mettre un terme au rationnement actuel, les conditions de vie à bord « mettent en danger la santé des personnes secourues ». Une jeune femme enceinte a été évacuée dans la nuit de mercredi à jeudi vers Malte.

L’errance de ce navire humanitaire est un énième épisode de la crise diplomatique autour de l’accueil des migrants ouverte l’été dernier, lorsque Matteo Salvini a fermé les ports italiens aux bateaux d’ONG, forçant les autres pays européens à s’entendre sur une répartition au coup par coup.