Thaïlande: Des éléphants peints qui éclaboussent les touristes scandalisent les associations

ANIMAUX Les organisations de défense des animaux affirment que la docilité des éléphants avec les touristes passe par des rites brutaux

20 Minutes avec agences

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Les éléphants, aux corps peints de fleurs, arrosent les festivaliers.
Les éléphants, aux corps peints de fleurs, arrosent les festivaliers. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Une dizaine d'éléphants aux corps peints de fleurs qui éclaboussent les festivaliers. Cette scène captée lors de la fête de l’eau en Thaïlande n’a pas vraiment plu aux associations de défense des animaux qui dénoncent les cruautés infligées aux éléphants domestiques dans ce pays.

Officiellement, Songkran, la fête qui marque le début de la saison des pluies, débute ce samedi, avec le nouvel an bouddhique. Mais chaque année, les éléphants et leurs mahouts défilent à Ayutthaya, ancienne capitale du Siam, où les touristes peuvent se promener sur le site archéologique à dos d’éléphants même en dehors du festival.

Des rites brutaux de cassage des jeunes éléphants

De nombreux éléphants de Thaïlande sont employés dans le secteur du tourisme, suscitant de plus en plus la controverse. Les associations affirment que les animaux sont souvent victimes d’abus quotidiens et que leur docilité avec les touristes passe par des rites brutaux de cassage des jeunes éléphants.

« Forcer les éléphants à avoir ces comportements qui ne leur sont pas naturels s’obtient par la peur et avec l’usage d’un crochet de métal » pour les frapper, dénonce Tom Taylor, de Wildlife Friend Foundation Thailand. Cette ONG sauve des éléphants domestiqués pour tenter de les réintroduire dans la nature.

Utiliser leurs trompes pour envoyer de l’eau, « c’est la façon naturelle qu’ont les éléphants de jouer », rétorque Laithongren Meepan, le propriétaire du Ayutthaya Elephant Camp.

Plus que 2.700 éléphants sauvages en Thaïlande

Les éléphants sauvages sont considérés comme « l’animal national » de la Thaïlande. Ils vivent dans certaines parties du pays, mais leur nombre a diminué, passant d’un pic de plus de 100.000 en 1850 à environ 2.700 aujourd’hui.

A cause de la déforestation qui les prive d’habitat, ils se sont rapprochés des humains au cours des dernières décennies. La cohabitation avec les villageois et les agriculteurs n’est pas toujours facile. Les éléphants sont également braconnés ou domestiqués pour le divertissement et le tourisme.