Suisse: «Ce n'est plus un bien vital»... Le pays renonce à stocker du café en cas de pénurie alimentaire

EXPRESSO ET APOCALYPSE Le gouvernement juge « faible » le risque de manquer de graines de caféier, cultivées sur trois continents

20 Minutes avec AFP
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Image d'illustration d'une tasse de café.
Image d'illustration d'une tasse de café. — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

En cas de pénurie alimentaire, les Suisses devront faire l’impasse sur leur café du matin. Le gouvernement, qui fixe depuis des décennies des réserves stratégiques de denrées alimentaires afin de parer à toute pénurie, a indiqué ce jeudi qu’il voulait supprimer le café du stockage obligatoire.

Les Suisses ont actuellement trois mois de stocks de café d’avance, pour couvrir les besoins de la population en cas de pénurie. Ces 15.300 tonnes rassemblées en sacs de café sont détenues par 15 entreprises, qui n’auront bientôt plus à s’en soucier.

Le stockage de café « a perdu sa raison d’être »

L’Approvisionnement économique du pays (AEP), l’autorité en charge de la gestion du stockage obligatoire d’aliments et de fourrages en Suisse, « est parvenu à la conclusion que le café n’était plus un bien vital » car il est « faiblement calorique ». Il ne contribue donc « pas à l’apport nutritionnel requis », a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

Par ailleurs, l’AEP considère comme « faible » le risque de voir l’approvisionnement en café perturbé car les plantations sont réparties sur trois continents et la récolte est possible tout au long de l’année. Aussi « le stockage obligatoire de café, instauré pour des raisons essentiellement psychologiques, a perdu sa raison d’être », selon les autorités suisses.

Des consultations pour tâter le terrain

Conformément à la procédure, les différentes parties intéressées par cette décision (groupes d’intérêts, entreprises…) sont actuellement consultées afin de voir si la proposition est bien acceptée. Si c’est le cas, la décision sera effective au 1er décembre, a expliqué à l’AFP une porte-parole du Département fédéral de l’Economie, Evelyn Kobelt.

En Suisse, le café est un produit courant, avec une consommation annuelle de 9 kg de « café vert » (non torréfié) par habitant, selon les statistiques officielles.

Les autorités suisses considèrent que constituer des stocks est une « mesure de prévention capitale » pour le pays, qui est tributaire des importations. Ce stockage stratégique repose sur la coopération entre l’Etat et les entreprises privées. L’Etat fixe la composition et le volume des réserves obligatoires mais elle ne détient pas ces stocks, constitués par des entreprises privées.